diplome« Dans le magazine hebdomadaire du Monde, on peut lire un intéressant article titré « Corée du Sud : trop de diplômes tuent le travail » (lire ici). Cet article pose une question intéressante sur l’obsession diplômante de nos sociétés, et la contradiction que l’on ne souhaite pas voir entre les emplois disponibles ou les emplois à créer et les qualifications que donne le système éducatif. Selon moi, former des centaines de milliers de diplômés « à l’aveugle » en espérant que la société pourra les absorber est un leurre. Vous avez remarqué qu’au 4e trimestre 2013, le PIB a légèrement augmenté sans créer d’emplois : les gains de productivité, liés à l’automatisation et à l’informatique suppriment beaucoup plus d’emplois que le nombre de ceux créés dans l’automatisme et l’informatique. Il s’agit d’une tendance lourde, que les économistes commencent enfin à reconnaître. En revanche, le chantier de la gare multimodale de Nanterre Université patine faute de main-d’œuvre ouvrière, beaucoup d’artisans ne trouvent pas d’employés, et une bonne part des emplois créés le sont dans les grandes surfaces, dans l’assistance aux personnes âgées, ou dans la surveillance des banques et des magasins… La fuite en avant revendicative vers l’augmentation permanente du budget des universités, qui refusent de se mettre en cause, est préoccupante sur la lucidité de leurs dirigeants et leur vision à long terme. Vous me direz que c’est la faute aux ingénieurs, comme d’habitude [1], mais peut-être ne sont-ils pas seuls à porter le fardeau des erreurs stratégiques du pays. À ma connaissance, il y a peu d’ingénieurs dirigeants d’université [2], peu d’ingénieurs au parlement (je n’ai pas fait le compte désolé) est sans doute pas tellement dans les cabinets ministériels, s’agissant de vrais ingénieurs ayant travaillé en entreprise. Je ne sais pas s’ils seraient meilleurs, mais, en tout cas, ils ne sont pas acteurs de ces décisions. »

Ce billet nous est proposé par Dan (visseur caléidoscope).

[1] Dan mon visseur fait certainement allusion ici aux débats récurrents que nous avons sur les ingénieurs. Pour ma part je leur fais porter une partie de la responsabilité des difficultés de nos entreprises (lire par exemple mon billet sur la faillite des ingénieurs et de leurs écoles).

[2] Dan a encore oublié que l’université et les écoles d’ingénieurs vivent dans deux mondes différents qui se croisent rarement. Heureusement qu’il y a des écoles du réseau Polytech !

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