simplificationD’après G. Fioraso, les offres de formations des universités sont trop foisonnantes. Après avoir travaillé sur les licences et imposé une nomenclature nationale (pour un cadre national des formations), la ministre s’occupe actuellement de la réduction du nombre de masters. L’objectif est de faire passer les 5000 intitulés actuels (1841 mentions, 5806 spécialités) à 246. Les objectifs sont multiples, d’après ce que je peux lire ici et là sur la toile : rendre les diplômes plus lisibles pour les étudiants et pour les employeurs, une meilleure stabilité dans le temps des intitulés des formations, faire des économies en mutualisant certains enseignements, … G. Fioraso déclare : « Il faudra tenir dans cette nomenclature. Cela va dissuader les universités de créer de nouveaux diplômes et de multiplier les masters. Cette période est terminée ! » (source ici), avec pour ligne de mire le master du professeur Tournesol qu’il a spécialement mis en place pour promouvoir sa micro-discipline de recherche. Je pense que ça va tanguer dans les UFR car la définition des enseignements dans les masters est souvent objet de querelles, de luttes de pouvoir et d’influence. On sait, par exemple, quels sont les enjeux d’un master pour alimenter en doctorants les laboratoires.

Dans cette simplification, il est un peu étonnant de constater que le concept de spécialité disparait. Il me semblait que si les masters pouvaient se différencier des formations des écoles (souvent généralistes), c’était bien par des formations avec des spécialités pointues (avec tout le risque que comporte une formation trop spécialisée …). D’un autre côté, une meilleure lisibilité des formations (avec disparitions des nano-spécialités aux intitulés incompréhensibles) sera peut-être un facteur d’attractivité ?

Quand on parle des masters, il existe un problème qui est rarement abordé et qui est réellement une grande faiblesse des universités de sciences et de technologies. Pour un certain nombre d’entre eux, ils fonctionnent avec des effectifs faibles, voire très faibles. La cause est double : d’une part, on observe mondialement une certaine désaffection des sciences, certainement conséquence d’une perte de l’attractivité des carrières scientifiques. D’autre part, en France un bon nombre de ces formations sont en concurrence directe avec les écoles d’ingénieurs. Or ces dernières ont largement la préférence des étudiants et ont doublé leur flux d’étudiant sur les 20 dernières années. Mécaniquement, cela provoque un assèchement important de formations de type master dans les universités de sciences et technologies. Les universités ont largement perdu cette bataille des bac+5. Si le ministère avait imposé un certain seuil en effectif pour la survie de tel ou tel master, cela aurait certainement simplifié le paysage …

Mais à mon sens, le vrai choc de simplification, ça serait de remettre à plat notre système de l’enseignement supérieur auquel personne ne comprend plus rien.

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