amuUniversité Aix Marseille, un enseignant-chercheur: « Tout est devenu plus difficile depuis la fusion des 3 universités. Nous passons un temps fou pour régler des détails (avoir une salle, un emploi du temps, des étudiants inscrits dans nos cours, des modalités de contrôle des connaissances compréhensibles…). L’administration centrale de l’université ne nous fait plus confiance, veut que nous soyons tous dans les clous et, elle-même, veut être dans les clous de l’administration centrale du Ministère ». Lu ici, sur le blog de Monsieur Dubois.

Des universitaires qui se plaignent de l’administration, je ne connais que ça. Ah l’administration, ne m’en parlez pas ! Pas besoin d’aller chercher une université récemment fusionnée pour entendre qu’il faut passer un temps fou pour régler des petits détails de la vie quotidienne universitaire.

Mais dans le cas de l’AMU (Aix-Marseille Université), qui est le fruit d’une fusion récente de trois universités, on peut légitiment se poser la question de savoir si la fusion a apporté une amélioration ou une dégradation des services administratifs. Peut-être manque-t-on encore un peu de recul pour conclure sur le sujet ? Le changement des habitudes entraine souvent une perte de repères et il faut un peu de temps pour stabiliser un nouveau fonctionnement. Mais admettons que la discussion de nos universitaires marseillais transcrive une réalité (c’était mieux avant). La fusion et ses restructurations associées auraient donc détérioré les services. Si c’est le cas, on peut clairement conclure à un échec de cette fusion. Au contraire, une fusion devrait entrainer une mutualisation des compétences et une augmentation de l’efficacité des services.

A mon avis, c’est le changement d’échelle qui est difficile à gérer  (on devient plus nombreux, on devient multi sites, pluridisciplinaires …). Les universités n’ont pas beaucoup de marges de manœuvre car la loi leur impose un fonctionnement centralisé. On peut comprendre alors une certaine distanciation  entre « l’administration centrale » et les opérateurs du quotidien (unités de formation et unités de recherche). Pourtant les gens ont besoin d’un service de proximité, qu’ils soient C, EC ou étudiants.

Dans le cas de mégastructures (comme peut l’être l’AMU), il faudrait mettre en place le concept d’université décentralisée, c’est-à-dire de donner une large autonomie aux différents grands secteurs disciplinaires d’une université (composantes ou fédérations de composantes). Ça pourrait se faire en appliquant le principe de subsidiarité. La super structure ne s’occuperait alors que des méga problèmes (relations tutelles, collectivité territoriales, etc …) pour une vision d’ensemble. Les sous-structures auraient alors la charge des affaires relatives à son périmètre (distribution des postes, recrutements, allocations de thèses, promotions des EC, subventions pour des projets de recherche, …). Cette organisation « décentralisée » devrait être possible étant donné que maintenant les universités sont autonomes et dans le cadre-là elles devraient avoir la possibilité de choisir leur mode de fonctionnement interne (mais est-ce réellement possible avec la loi ESR actuelle ?).

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