moocG. Fioraso l’a annoncé aujourd’hui, l’université va devenir numérique et basculer vers en enseignement de type MOOC (massive open online course). Contrairement à certains (par exemple ce grincheux et réac), je trouve que c’est une très bonne nouvelle. Pour ma part je ne vois que des avantages à ce basculement. En voici les raisons argumentées :

1) Un gain financier énorme. Le premier avantage est bien évidemment que la mesure va permettre de faire des économies de grande ampleur sur les salaires. En effet, les MOOC permettent de réduire considérablement le nombre d’enseignants. Quand on sait que l’essentiel du budget de l’enseignement supérieur est consacré aux salaires, ce n’est pas à négliger. Tentons de chiffrer ce gain : il y a 57 000 enseignants-chercheurs et 14 000 enseignants du 2nd degré titulaires affectés dans l’enseignement supérieur. Cela correspond à un équivalent de 42 500 temps complets consacrés à l’enseignement supérieur. Admettons que l’on conserve seulement 10 % d’entre eux (pour assurer le travail sur les MOOC), cela fait un bénéfice de 38250 emplois. Avec un salaire annuel chargé médian de 37 000 euros, c’est environ 1.4 milliards d’euros qui seront économisés annuellement. Si on compte maintenant l’environnement (secrétariat, agents dans les locaux, etc …), on arrive certainement à 2 milliards. Sans compter (car je ne sais pas l’estimer) qu’avec les MOOC on n’a plus besoin de locaux, on peut aussi économiser de façon très conséquente sur les frais d’immobilier et de son entretien.

2) Un renforcement de la recherche. En conséquence du premier paragraphe, les meilleurs EC seraient recyclés dans les labos de recherche (c’est-à-dire qu’ils deviendraient des chercheurs des universités). Ils seraient ravis d’être débarrassés de leur fardeau tâche d’enseignement. En outre la recherche se trouverait alors renforcée (car les meilleurs seraient sélectionnés), permettant enfin d’avoir le potentiel pour développer la compétitivité nécessaire à nos entreprises pour combattre la crise.

3) Des étudiants mieux formés. Les étudiants auraient la chance de bénéficier de cours prodigués par les meilleurs enseignants, ce qui est un gain évident de qualité.

4) Une vraie démocratisation et une vraie égalité des chances. Les MOOC permettent de prodiguer le même enseignement à tous, que les étudiants soient à Béziers ou à Paris. Cela permet en outre de gommer les différentiels de qualité entre sites d’enseignement que l’on connait actuellement, rendant enfin possible l’égalité des chances pour les étudiants. En plus ces cours seraient en anglais, ce qui est un avantage de plus compte tenu de la mondialisation.

5) Une contribution significative à la lutte contre le réchauffement climatique. Avec les MOOC, il ne serait pas utile de se rendre à l’université pour suivre les cours. On pourrait le faire de chez soi. Cela évite les coûts et temps de transport, et permet de contribuer à la lutte pour l’environnement. On économiserait alors aussi sur les frais de structure (entretien des bâtiments, chauffage, etc …).

6) Un service après-vente. J’entends déjà quelques grincheux : « mais si les étudiants veulent poser des questions après le cours ? ». Pour cela un système de questions-réponses serait mis en place à l’aide d’une base de données FAQ. L’étudiant poserait sa question et accéderait rapidement à la réponse pré-enregistrée par des enseignants compétents. Dans les cas extrêmes, on pourrait maintenir un service de garde, par exemple en service nationale, pour les questions les plus pathologiques nécessitant une intervention personnalisée.

7) Un service interactif. Pour les travaux dirigés, on adopterait un système plus interactif que les cours. Les étudiants auraient alors une manette à leur disposition, leur permettant de répondre aux questions, chacun pourrait alors progresser à son propre rythme. En plus, les éléments de réponses seraient enregistrés et pourraient servir de base à un contrôle continu sans les inconvénients des corrections de copies sur papier, il faut convenir que c’est un travail pénible. En sciences, les travaux pratiques seraient certainement les plus coûteux car ils nécessitent de l’équipement et sont difficilement solubles dans les TICE, quoi qu’il y ait un bon potentiel pour les aspects de développement ou de méthodologie. Afin d’éviter de multiplier les achats de matériels coûteux et la mobilisation de salles dans chaque université (les deux très largement sous exploités), il serait plus avantageux d’avoir des infrastructures mobiles mutualisées, ce qui permettrait aussi d’aller au plus proche des populations (toujours dans l’esprit de maintenir une démocratisation satisfaisante et une égalité des chances). Pour cela l’idéal serait quelques gros camions comme celui de Jamy dans C’est pas sorcier, qui parcourraient la France avec des TP haut de gamme. L’essentiel des manipulations seraient automatisées mais un personnel serait quand même présent pour assister les étudiants. Ce dernier aurait le permis poids lourd, bien entendu, car il faudra bien quelqu’un pour conduire le camion.

Enfin bref, vous l’avez compris : moi je suis à fond pour les MOOC !

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