vfeltesseOn parle souvent dans ce blog de la dualité de notre enseignement supérieur (universités et grandes écoles). C’est un élément majeur du manque de cohérence de notre enseignement supérieur. Malgré de multiples annonces à ce sujet, on ne peut que constater qu’il n’y a aucune avancée sur le sujet dans la nouvelle loi ESR. Le sujet a tout simplement été mis sous le tapis, ce qui témoigne du manque d’ambition de cette nouvelle loi ESR.

Lors de la préparation du projet de loi et du travail dans les diverses commissions et assemblées qui ont examiné le projet, quelques avancées très mineures ont toutefois été tentées, comme par exemple une co-tutelle avec le MESR pour les écoles dépendant d’un autre ministère. Un autre exemple est donné par V. Feltesse, rapporteur de la « loi Fioraso » à l’assemblée nationale, le jour du vote solennel, sur le sujet des doubles inscriptions CPGE-universités :

« Mon deuxième exemple a trait au rapprochement entre l’université et les grandes écoles et à l’obligation pour tout élève de classe préparatoire d’être également inscrit à l’université. Cette disposition est issue d’un long cheminement : dans un premier temps, un amendement visant à rendre payantes les classes préparatoires a été adopté à l’Assemblée nationale ; ensuite, le Sénat a souhaité instaurer la double inscription pour l’ensemble des filières sélectives ; enfin, une position commune s’est dégagée lors de la CMP afin d’imposer aux élèves de classe préparatoire une double inscription. Cette pratique est déjà commune, mais nous souhaitions aller un peu plus loin ». (V. Feltesse, assemblée national, présentation finale du projet de loi lors de la séance de vote du 9 juillet 2013).

On parle souvent de la langue de bois des politiques, mais là on a un exemple parfait de tromperie (ou plus communément appelée « foutage de gueule »). En effet, je me demande bien en quoi ces doubles inscriptions CPGE-université permettront un rapprochement entre GE et universités (pour moi c’est un mystère total, rappelons que les CPGE ne sont pas les GE). De plus la pratique était déjà largement répandue, ce qui n’en fait nullement une innovation et chacun aura pu constater depuis longtemps que cette double inscription ne permet nullement le rapprochement visé.

V. Feltesse poursuit : « concernant toujours les grandes écoles, nous avons instauré la possibilité, pour les meilleurs bacheliers de tous les lycées, y compris en zone rurale et en zone urbaine sensible, de faire l’objet d’une inscription quasi-automatique en classe préparatoire. Les rectorats devront effectuer un travail de repérage de ces élèves et leur rappeler cette possibilité ». Les bons élèves dans les CPGE et GE, les gros nul à l’université : le message est très clair, et déjà discuté ici : des bons élèves à l’université ? un gâchis insuportable !

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