ANRL’ANR a profondément rénové l’affichage de sa programmation et le mode de soumission des projets (lire ici). Son « plan d’action 2014 » est décliné en 4 composantes, ce qui allège considérablement le nombre d’appels à projets. Dans chacun des programmes, on pourra choisir la coloration de son projet (jeune chercheur, recherche partenariale, recherche en réseau, …).

Par ailleurs les modalités et le calendrier de soumission sont eux aussi rénovés. Désormais la soumission se fera en deux temps. Il y aura une première étape avec un dossier de 5 pages, à soumettre avant le 15 octobre. Ce dossier servira à faire une pré-sélection. Il n’est pas précisé comment elle sera faite (sur quels critères ?). Les projets retenus devront alors faire l’objet d’un dossier plus complet et le soumettre pour décision finale (date non précisée), le but serait que le taux d’acceptation de ces projets pré-sélectionnés soit dans la fourchette 30-40 %.

Revenons sur la phase de pré-sélection: afin de se prémunir d’un nombre de pré-dossiers pas trop important (car 5 pages, c’est vite écrit), l’ANR précise: « il est impératif que le volume de pré-propositions soumis dans les différents appels soit équivalent au nombre total de propositions déposées usuellement (près de 7000) » […] « Il est important que des processus d’autorégulation au sein des établissements de recherche soient mis en œuvre afin de maintenir un flux raisonnable de pré-propositions » (lire ici). Je me demande bien comment sera opérée cette « autorégulation ». Va-t-on imposer des quotas aux établissements ?  Au final, un projet aurait alors 3 étapes à franchir. Une pré-pré-sélection dans l’établissement, qui choisirait quels sont les projets qu’elle soutient (ça promet d’être amusant!), une deuxième pré-sélection à l’ANR et enfin la sélection finale avec le gros dossier.

Tout cela me parait aller dans le bon sens. Je ne sais pas s’il y a des informations sur le budget alloué pour cette nouvelle programmation. L’année passée, G. Fioraso avait ponctionné 80 millions d’euros pour aller renflouer la masse salariale du CNRS (perte sèche pour la recherche = environ 60 millions d’euros). Le programme « blanc » est manifestement conservé, alors qu’on le disait en péril. C’est une excellente nouvelle. J’espère qu’au contraire on va augmenter sa part. Pour le faire, on pourrait prélever une partie sur le CIR dont l’utilité est douteuse (lire ici).

Quand on parle d’ANR, une question sous-jacente est celle de la répartition entre les crédits récurrents dans les laboratoires et ceux de la recherche sur projet. Il faut bien évidemment trouver un bon équilibre entre ces deux sources. Pour ma part, je trouve que la construction d’un projet est une étape intellectuellement assez riche. Mais le système a ses défauts : comment fait-on en cas de « creux de vague » ? Un laboratoire a-t-il les reins assez solides pour soutenir une équipe malchanceuse à la pêche aux crédits ? Par ailleurs, je trouve que le taux d’acceptation des projets à l’ANR est beaucoup trop bas (10-15 % sur les programmes blancs, je crois). Il faut absolument que ce taux augmente vers des chiffres raisonnables (30-40 % au moins). Si le budget reste constant, alors la solution serait de raboter le niveau de financement des projets sélectionnés (davantage de vainqueurs mais moins riches …). Une autre idée qui pourrait être développée est le financement de la recherche sur résultats. C’est-à-dire que l’argent serait donné aux équipes en fonction des résultats de leurs travaux (donc de leur production). Ça serait alors comme dire « bon allez Rachel, trop bien ta recherche, on te fait confiance pour l’avenir et voici une carte blanche à hauteur de 250 keuros/an pendant 5 ans ».

PS: une mise à jour a été faite le 20 juillet pour tenir compte des remarques ici et sur Cui-Cui, j’avais en effet zappé le théme de la pré-pré-sélection …

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