agedorLa LRU a confié une nouvelle mission aux universités, celle de l’insertion professionnelle des étudiants. Cette mission avait été donnée sans beaucoup d’accompagnement. Autonomes, les universités devaient mettre ça en place avec les moyens du bord. Dans un récent rapport sénatorial, consacré à un bilan assez global de la LRU (lire ici), on peut lire que le bilan sur l’insertion professionnelle reste assez poussif dans les universités. Extraits:

« Certes, chaque université est désormais dotée d’un bureau d’aide à l’insertion professionnelle mais, dans beaucoup de cas, c’est un simple bureau, insuffisamment connecté avec le monde des entreprises ».

« Le problème de la réussite de l’insertion professionnelle se concentre précisément sur les deux autres tiers [des étudiants], accédant à l’enseignement supérieur directement par la voie universitaire. Peu d’enseignants-chercheurs ont pris pleinement conscience du fait que les étudiants ont pour objectif prioritaire d’obtenir un emploi, de conquérir un métier à l’issue de leur parcours universitaire. Le recrutement des enseignants-chercheurs au sein des universités, qui met essentiellement l’accent sur les capacités de recherche et très peu sur les qualités pédagogiques et la connaissance des débouchés professionnels des filières, est pour partie responsable de cette situation. La conception de l’université comme carrefour de l’excellence pédagogique et scientifique est loin d’être acquise dans l’imaginaire collectif. La logique actuelle qui consiste à sélectionner dès le secondaire des étudiants en vue de leur entrée dans les « grandes écoles » et les formations élitistes est forcément pénalisante pour les universités. »

« À la suite de sa modification par le décret du 23 avril 2009, le décret statutaire de 1984 applicable aux enseignants-chercheurs a intégré dans leurs missions le conseil et l’orientation des étudiants, l’accompagnement à l’insertion professionnelle ainsi que le tutorat personnalisé. Néanmoins, ces nouvelles missions ne se sont pas encore traduites par un changement significatif des référentiels mis en oeuvre pour l’évaluation des enseignants-chercheurs ».

Dans le rapport, il est expliqué que certaines universités ont pris des initiatives pour l’orientation et l’insertion professionnelle. « Dans d’autres établissements, en revanche, qui pensent encore vivre dans un âge d’or de l’université, l’orientation et l’insertion professionnelle sont loin de faire partie de l’état d’esprit de la communauté éducative ».

C’est quoi l’âge d’or de l’université ? Était-ce à la fin des trente glorieuses, à l’époque du plein emploi ? On pouvait alors venir à l’université faire ses humanités le cœur léger, se forger le cœur et l’âme. Ça devait être cool à cette époque …

(pour ces extraits, les phrases gras l’étaient aussi dans le rapport du sénat)

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