cheval_batailleOn l’a déjà discuté à plusieurs reprises sur ce blog, le cheval de Bataille de G. Fioraso est le transfert de technologies. C’est certainement en phase avec la priorité interministérielle de lutte contre le chômage et la réindustrialisation de la France. C’est pourquoi elle a fait inscrire le transfert comme nouvelle mission pour les universités. Mais la ministre a plusieurs petits problèmes pas très simples à résoudre (discutés récemment ici). Coté académique, la ministre pense que la recherche publique ne génère pas assez d’emplois. En particulier, elle regrette qu’il y ait des « des verrous culturels qui relèvent de la pratique des acteurs ».

Ces derniers jours, la ministre était en visite en Suisse, à l’occasion du 1er Forum de l’innovation France-Suisse. Elle déclare vouloir s’inspirer du modèle Suisse pour construire des liens entre la recherche et ses débouchés, donc pour générer des nouveaux emplois. « En Suisse, vous avez toujours à l’esprit le lien entre recherche et milieux économiques ». Elle déclare également qu’en France la « révolution culturelle est en marche ». Les slogans du genre « le cerveau n’est pas à vendre à l’économie» appartiennent «au passé» (source ici).

G. Fioraso a certainement raison d’insister sur les liens étroits en la recherche, la formation et l’économie. Mais il faut quand même constater que ce lien est contesté par une frange active d’acteurs de l’ESR. « « Nous ne sommes pas là pour leur assurer des débouchés professionnels. Nous sommes là pour élever les consciences » (à propos des étudiants), source ici. G. Fioraso a encore du travail à faire pour faire passer sa « révolution culturelle ».

A mon sens, la seule façon d’accentuer les liens entre la recherche et ses applications est d’intégrer les grandes écoles dans les universités. En effet, hors EPCSCP, ces grandes écoles n’ont pas de mission de recherche très explicite, mais ont beaucoup d’interactions avec les entreprises. Au contraire, les universités font de la recherche mais les interactions avec les entreprises sont assez limitées. On voit donc qu’une intégration des GE dans les universités pourrait générer une configuration particulièrement constructive. Mais G. Fioraso n’a pas osé franchir le pas. Son projet de loi, qui reste assez terne, n’est pas à la mesure des ambitions de ses déclarations dans les médias.

Publicités