medecineNos récentes discussions nous ont porté sur le concours de médecine, son numerus clausus, ses prépas privées et ses injustices sociales. D’autres militent carrément pour sa suppression. C’est le cas de Jean-Loup Salzmann, président de la CPU et de Paris 13 (comportant une faculté de médecine). Il en explique les raisons dans un article du NouvelObs, que l’on peut lire ici. Cette disparation du concours ne se ferait pas brutalement. Il y aura d’abord une phase d’expérimentation (universités concernées : Paris-13,Strasbourg et Bordeaux-2), qui débuterait à la rentrée 2014. L’article donne quelques grandes lignes de la nature de l’expérimentation ainsi qu’une estimation du flux d’étudiants espéré. Les raisons qui poussent à envisager à terme la suppression du concours sont aussi expliquées. Extraits :

« Il est en effet de notoriété publique que le concours de fin de première année n’est réservé qu’aux « bêtes à concours » les plus aguerries, dotées d’une capacité énorme de bachotage et d’une mémoire d’éléphant. Ces éléments seront-ils les meilleurs praticiens, les plus psychologues, humains et compétents, une fois à l’hôpital ou en cabinet ? Rien n’est moins sûr.

Pire encore, ce concours est socialement injuste car il avantage ceux qui s’y consacrent en permanence (exit donc, les étudiants plus modestes qui doivent travailler à côté), voire ceux, de plus en plus nombreux, qui peuvent s’offrir d’exorbitantes prépas privées pour le réussir. Du coup, tous les rapports officiels le disent : les étudiants issus des familles modestes sont déjà 10% plus rares qu’en fac (plus de 60% des effectifs sont issus des catégories sociales « favorisées ou très favorisées »), mais cette inégalité sociale s’aiguise encore après le concours : 75% de ses étudiants proviennent des milieux les plus favorisés. Quant aux étudiants modestes, qui n’étaient que 14,5% en première année, leur proportion se réduit carrément de moitié en deuxième. L’expérimentation remettra-t-elle un peu d’équité dans un univers qui en manque tant ? »

Demain les gueux ouvriront nos bondonaux et trifouilleront nos tripailles … pouah !

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