cheval_batailleLe cheval de bataille de G. Fioraso, c’est le transfert de technologies (dernier article sur la question dans Les Echos, ici, parmi des centaines d’autres auparavant). Elle cherche donc des moyens de mieux valoriser la recherche française pour augmenter son impact économique. Pour cela elle avait déjà donné une série de mesures et fait inscrire le transfert de technologies dans la nouvelle loi. Encore une mission de plus à assumer pour les universités, probablement sans beaucoup de moyens associés. Moi je pensais très naïvement que c’était plutôt un boulot pour les ingénieurs, mais il est vrai que les ingénieurs et leurs écoles sont en faillite. Il y a aussi le volet de la réindustrialisation dans les grandes orientations et c’est manifestement un thème interministériel sur lequel les universités vont devoir se mouiller davantage. Pour amorcer le processus, elle annonce que l’ANR va ouvrir un appel d’offre pour financer à terme 100 laboratoires communs avec des entreprises. Le service public de la recherche au service des entreprises, j’en connais qui l’avaient rêvé mais jamais osé avant. Moi je pensais très naïvement que l’industrie c’était plutôt un boulot pour les industriels …

Dans ce projet, G. Fioraso n’oublie personne : « Mais il ne faut surtout pas oublier les sciences humaines et sociales, sinon on oublie le marché. Ce sont quand même les chercheurs de ces disciplines qui savent le mieux décrypter les usages et ont les outils nécessaires. Vous pouvez avoir le meilleur objet technologique du monde, s’il ne correspond pas à une demande du marché, il ne trouvera aucun débouché ». Heureusement qu’elle a eu cette petite attention délicate mot pour les SHS, sinon ils auraient été vexés. Eux aussi seront mobilisés pour cet effort national de réindustrialisation. A vrai dire j’ai du mal à voir la forme que ça prendra. Des études statistiques des marchés ? un ciblage plus serré des besoins des consommateurs ? Car n’oublions pas que l’industrie c’est la fabrication de produits et qu’ensuite ces produits, il faut les vendre pour rentabiliser le dispositif. Le plus simple (et le moins onéreux) serait d’ouvrir des centres d’appels pour faire des enquêtes de marché auprès des consommateurs. Quand je pense que certains critiquaient la ministre pour n’en avoir que pour les sciences dures et les technologies … langues de vipères !

Publicités