parite« Les gens pensent souvent que le monde académique ne souffre pas d’inégalité entre les sexes. Et pourtant, il est l’un des pires secteurs en termes de discrimination. Dans les 27 pays de l’Union européenne, seulement 18% de professeurs titulaires sont des femmes et, aux Etats-Unis, seulement 10% de professeurs de science à plein temps sont des femmes.

Il a été clairement montré que l’obstacle principal est l’équilibre entre carrière et famille. Beaucoup de femmes scientifiques n’ont pas d’enfants ou décident de n’en avoir qu’un. Elles construisent, certes, un petit environnement favorable dans leurs propres laboratoires. Mais dans les facultés des sciences et de l’ingénierie, les femmes se heurtent à une atmosphère que l’on qualifie de «hautaine, masculine, élitiste et inamicale»» Source ici.

Je me souviens qu’il y a quelques temps, j’avais consacré un billet sur le sujet de la faible proportion de femmes Professeurs des Universités (lire le billet « professeur des Universités, un métier d’homme »). Je tentais de comprendre les raisons de ce déséquilibre : « Y aurait-il une forme d’autocensure des femmes à candidater sur un poste de PR ? Les femmes seraient-elles en moyenne plus nulles que les hommes en recherche ? Auraient-elles plus de difficultés à construire, pour des raisons obscures, un dossier solide durant leurs premières années à l’université (tranche d’âges 28-40 ans) ? ». On a aujourd’hui la réponse à ce mystère: les femmes font des enfants (et manifestement pas les hommes). A ma décharge, je vous rappelle que je suis extraterrestre et je ne comprends pas grand-chose aux affaires sexuelles des terriens. Lors de mon arrivée sur Terre, je m’étais pourtant fait expliquer la situation : pour fabriquer un nouveau terrien, il faut un homme et une femme. Manifestement, chez les universitaires, la situation est différente. On est obligé de constater que les femmes font des bébés toutes seules et que leurs homologues masculins sont stériles (ou impuissants). C’est peut-être la conséquence d’expériences de laboratoire mal maitrisées ou bien alors ces messieurs n’ont pas trop le temps pour des accouplements, trop occupés à faire de la belle science dans leurs tours d’ivoire.

Heureusement notre ministre G. Fioraso a pris la mesure de ce problème de parité dans l’ESR. « Encore aujourd’hui, alors que les femmes sont majoritaires parmi les étudiant-e-s, leur part diminue au fur et à mesure que le niveau hiérarchique augmente pour finalement n’être qu’une minorité dans les emplois de professeurs d’université (24 %), dans les conseils centraux des universités (à peine 27% de femmes en 2010) et aux postes de direction des universités (8%) et des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (15%). ». Alors dans la ministre veut inscrire dans la loi la parité dans l’ESR : « Le projet de loi sur l’université et la recherche qui sera présenté en Conseil des ministres au mois de mars prévoira l’inscription de la parité dans les instances de gouvernance des universités et autres établissements d’enseignement supérieur. Il s’agit d’une avancée historique. Depuis leur création au XIe siècle, les universités n’ont jamais mis au cœur de leur organisation l’égalité. Celle-ci devrait pourtant être une évidence des valeurs d’humanisme qu’elles portent. La France a ainsi décidé d’être pionnière en la matière». Source ici.

Je trouve ça courageux mais d’un autre côté, on peut voir ça comme une double peine. En plus d’être femme à l’université, il faudra aussi se coltiner une présence augmentée dans les diverses réunions, commissions, conseils qui foisonnent à l’infini dans les instances tortueuses de l’université (ce qui n’est pas forcément un plaisir). Prenons par exemple le corps des professeurs  des universités : il y a trois fois plus d’hommes que de femmes. Si on veut la parité dans les instances, il faudra alors que les femmes fassent 3 fois plus de réunions. Elles auront en conséquence moins de temps pour s’adonner à la recherche et à l’enseignement. C’est un peu le cercle vicieux …

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