regionalisation« Dans ma région, l’écriture du schéma SRESRI a été plutôt collective, entre politiques et académiques par le biais d’ateliers, de commissions et d’envois pour amendements des textes (le SRESRI, c’est la stratégie régional de l’enseignement supérieur et de la recherche). Cela dit, la région a néanmoins sa propre vision de l’ESRI, celle de la « smart specialization » pour le développement de l’économie et de la société de la connaissance, avec en recherche des « pépites » bien identifiées et sur lesquelles elle va mettre des moyens. En cela que la régionalisation va peser sur nos quotidiens. Ce que la région va donner par exemple pour l’électronique (probablement des millions) ne sera pas donné ailleurs et sur d’autres filières.

Le SRESRI commence aussi à envisager une carte des formations (en fait les masters) ce qui veut dire des encouragements à fermer des masters à petits effectifs et à les regrouper sur un ou deux sites. C’est aussi financer par des « packages » d’accueil des « talents » nationaux et internationaux, les attirer – donc les débaucher de leurs régions ou de leurs pays – avec des euros mais également des offres pour leurs conjoints, des places d’école pour leurs enfants et probablement des logements.

La région encourage aussi la création d’une « université fédérale » regroupant les 4 universités situées dans la région. Et là, c’est très difficile: il n’y a pas dans les têtes de culture « fédérale » ou de compréhension de ce qu’est la décentralisation; on continue à fonctionner sur un modèle centraliste, qui est pourtant dépassé. D’où les risques de dérapage et les tensions très fortes et qui vont grandir entre les universités. Les écoles veulent bénéficier du « plus » régional mais souhaitent garder leur autonomie organisationnelle. C’est ce qui donne aujourd’hui un paysage très mouvant où les collègues sont un peu désorientés. »

Source : un commentaire de ce blog, par un universitaire impliqué dans la gouvernance de son université.

Publicités