nombrilLe fameux Conseil Académique, discuté dans le billet précédent, a déjà du plomb dans l’aile. En effet les organisations universitaires se mobilisent pour freiner des quatre fers. Rappelons d’abord que ce conseil académique prévoit la fusion du CS (conseil scientifique) et le CEVU (conseil des études et de la vie universitaire). C’est une modification structurelle importante mais il semble aujourd’hui que ce projet soit remis en cause. La création de ce conseil serait laissée à la libre décision des universités (à afficher ou non dans leur statut) dans une nouvelle mouture du projet de loi. D’après G. Fioraso, le document de travail du projet de loi, diffusé le 15 janvier « n’est pas le bon texte » (source ici). Oups …

Focalisons aujourd’hui sur les réactions de Présidents d’Université.  Ce conseil modifie sensiblement les équilibres de la gouvernance des universités. En effet, il y aura un président de ce conseil académique, et déjà certains présidents d’Université ne le voient pas d’un bon œil. Quelques réactions :

  • « Je suis très surpris du peu de souplesse que propose ce texte, notamment concernant le mode d’organisation du conseil académique. Cela devrait évoluer j’espère, en laissant la possibilité aux CS (conseil scientifique) et CEVU (conseil des études et de la vie universitaire) de se réunir, avec un certain nombre de compétences déléguées par le conseil d’administration ». (source ici)
  • « Concernant la gouvernance, pourquoi détruire le CS (conseil scientifique) et le CEVU (conseil des études et de la vie universitaire), en créant des conseils dont le mode de constitution est d’une telle complexité pour nos établissements ? Il serait d’ailleurs désastreux d’avoir deux présidents à la tête de l’université [le président de l’université et celui du conseil académique, ce dernier ayant la possibilité d’être nommé indépendamment du président]. » (source ici)
  • « Avec une telle instance, il y aurait un vrai risque de scission dans la gouvernance des universités » (source ici)
  • Un autre y a vu « une volonté de revenir sur la loi LRU de 2007, le conseil académique étant destiné à agir comme contre-pouvoir au conseil d’administration » […] « on n’est pas convaincu de la plus-value de ce conseil académique » (source ici, ajout le 3 février).
  • Un autre encore trouve «  choquant par la suspicion qu’il introduit sur les présidents et leurs équipes » […] « On est en train de détricoter et de déstructurer les universités et on ne voit pas où l’on va » (source ici, ajout le 3 février)

En réaction, pour défendre le projet de loi, c’est Vincent Berger (rapporteur général des Assises de l’ESR) qui s’y colle : « Les discussions internes à la CPU se sont surtout concentrées sur les pouvoirs des présidents, ce qui est franchement décevant. Les présidents s’inquiètent sur leur possibilité de deuxième mandat, sont très préoccupés par le partage des pouvoirs du président avec le président du conseil académique, par le partage des pouvoirs du président dans les communautés d’universités, par le fait qu’ils ne désigneront plus eux-mêmes les personnalités extérieures… Si la CPU n’élargit pas le débat, ce n’est plus à mon sens une conférence mais seulement un syndicat des présidents. Il me semble que l’on peut et que l’on doit attendre davantage d’elle. On entend à la CPU que l’avant-projet de loi est une entreprise de « destruction de la gouvernance des universités ». Je trouve ces propos totalement excessifs, voire invraisemblables. On attend du président de la CPU qu’il élève le niveau de la discussion. Ce serait important d’obtenir de la CPU son analyse du projet de loi dans l’intérêt des étudiants, ou son avis sur les capacités qui seront offertes demain aux universités pour mieux œuvrer au potentiel de recherche du pays en coopération avec les organismes de recherche ou les entreprises, sur les besoins de développements internationaux, etc. C’est cela que l’on attend de la CPU».  (source : dépêche AEF, reçue dans ma boite mail).

« Les présidents d’université se regardent le nombril. La CPU n’a pas encore analysé la loi sous l’angle de l’intérêt des étudiants. La seule chose qui l’intéresse, c’est ce qui concerne les présidents. » (source ici)

Houlala … ça chauffe à la CPU ! (précisons que Vincent Berger est lui aussi président d’Université, donc membre de la CPU). Mais tout cela n’est pas bien grave, car le texte qui a mis le feu aux poudres « n’est pas le bon texte ». Une tartufferie universitaire de plus …

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