On dit souvent que l’université offre une formation par la recherche. C’est très certainement vrai pour le master. C’est à cette occasion que les étudiants sont confrontés à des cours spécialisé de haut niveau, souvent directement inspirés des travaux de recherche des enseignants-chercheurs. Ils reçoivent  également une initiation à la recherche, par le biais de travaux personnels ou d’un stage de laboratoire. Mais en licence, je me demande vraiment si c’est le cas. J’ai plutôt l’impression que le premier cycle est consacré à l’acquisition de bases scientifiques assez générales, bref d’outils indispensables pour faire de la recherche ou tout autre activité nécessitant un minimum de connaissances.

Le public entrant en licence est maintenant massif et très diversifié : on y trouve (parfois) de très bons étudiants, qui ne voulaient pas faire ingénieurs et qui ont su résister à la pression sociale qui voulait les envoyer en prépa. On y trouve aussi des bacheliers de bacs pros, qui ont un niveau scolaire faible. La formation par la recherche est-elle adaptée à ce public si hétérogène ? J’en doute. Mais alors pourquoi le dogme de « formation par la recherche » persiste-t-il ? On se retrouve devant une situation ubuesque : la formation par la recherche est réservée aux étudiants les moins armés pour l’enseignement supérieur, alors que les meilleurs étudiants vont en prépa, dans les cycles intégrés des grandes écoles, en IUT ou STS. A mon sens, ça devrait être tout l’inverse.

Pour conclure ce court billet, qui est surtout une invitation à une discussion sur le thème de la « formation par la recherche » à l’université, je reprends un extrait de Jean-Luc Vayssière, président de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : « Aux détracteurs qui rétorquent qu’il semble difficile d’instiller une approche de la recherche en première et deuxième année de licence, je réponds qu’il serait certainement plus facile aux étudiants acceptés en classes préparatoires de s’y adapter qu’aux bacheliers technologiques ou professionnels qui sont actuellement à l’université – et que ce qui fonctionne déjà à l’université ne pourra qu’être profitable aux étudiants de prépa ! » (source ici).