aeres_suppressionLa ministre G. Fioraso a décidé de supprimer l’AERES (agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). « Je souhaite que l’AERES soit remplacée par une agence nationale entièrement redéfinie à partir des principes d’indépendance, de simplicité de fonctionnement et de procédures ainsi que de légitimité scientifique et de transparence » (déclaration faite lors d’une réunion de la Conférence des présidents d’université – CPU, en décembre). Il faut dire que la pression noniste était forte contre cette agence d’évaluation (en particulier des organismes de recherche). Le coup de grâce a certainement été porté par l’académie des sciences qui, dans un récent rapport, préconisait sa suppression (sans beaucoup d’argumentaire d’ailleurs).

L’AERES était une agence encore jeune, certainement encore perfectible. Pour ma part, j’ai eu une expérience plutôt positive avec cette agence : indépendance, transparence du processus, critères clairement affichés, tout cela tranchait singulièrement avec les pratiques obscures antérieures. On peut toutefois lui reprocher une certaine lourdeur administrative (ce qui était déjà le cas avant l’AERES), mais certainement perfectible.

Et maintenant ? Doit-on carrément supprimer toute forme d’évaluation des structures de recherche et d’enseignement supérieur ? Doit-on revenir à des structures d’évaluation dépendantes directement des universités et des organismes de recherche (par le CoNRS et le CNU, on va bien rigoler !). Comment garantir alors que le travail d’évaluation sera impartial. Comment alors éviter la collusion entre rapport d’évaluation et processus de décision en conséquence ?