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Quand on est enseignant-chercheur, on a une double mission : enseigner et chercher (ou l’inverse, qui hiérarchise mieux la réalité). Très curieusement, pour les promotions ou autres évolutions de carrière, seule la recherche est prise en compte. C’est vrai que c’est relativement facile car il suffit de compter le nombre de publications et éventuellement se pencher sur l’impact de la recherche en examinant les indicateurs bibliométriques. L’enseignement n’est pas du tout pris en compte dans l’évaluation, on se contente de vérifier que la personne « fait son service ». Qu’elle le fasse bien ou mal, c’est pareil. En conséquence on comprend que c’est beaucoup plus rentable de s’investir dans la recherche que dans l’enseignement. Cela montre bien que l’enseignement n’a pas grande considération à l’université, étant donné que cette activité n’est pas valorisée. Pire encore, donner plus d’enseignement à un EC (par exemple s’il ne fait pas beaucoup de recherche), c’est vu comme une « punition ». On a déjà beaucoup discuté de ce thème sur ce blog (exemples ici et ici).

Ces derniers jours, Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle), parlementaire en mission pour les assises de l’ESR, met les pieds dans le plat. D’après lui, il faut « revoir l’évaluation des enseignants pour que la recherche ne soit plus le seul critère pris en compte. Je propose également d’instituer l’évaluation des enseignants par les étudiants » (source ici).

Je doute fort que les EC soient enthousiasmés à l’idée d’être évalués par leurs étudiants (et pourtant ils s’adonnent sans arrière-pensée à la notation des copies de leurs étudiants, ce qui démontre bien que la note est considérée comme utile). Rappelons aussi que dans beaucoup de grandes écoles, les étudiants évaluent les enseignements et les enseignants, sans que cela ne pose de problèmes majeurs.

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