doudouLes assises ESR sont maintenant terminées et on peut pressentir les évolutions que le gouvernement adoptera. Il n’y aura manifestement pas de réforme d’ampleur. En ce qui concerne le thème de la réussite des étudiants, on a passé en revue nos préoccupations, toujours pleine de bons sentiments: mieux orienter les étudiants, réduire le gap entre le lycée et l’université, les spécialiser progressivement, mieux les accompagner, travaux en petits groupes, etc … on s’oriente donc vers une réforme de la licence tout en sachant que ça ne servira à rien car les problèmes de fonds (souvent structurels) n’ont pas été abordés (ou pas retenus dans les propositions). Notre enseignement supérieur marche sur la tête et dans ces conditions ce n’est pas en changeant les chaussures que ça ira mieux. Mais au moins on pourra valoriser une promesse de campagne et avoir bonne conscience: faire quelque chose pour les jeunes, car le quinquennat est celui des jeunes, n’est-ce pas ?

Dans les assises, il semble que le fameux « -3, +3 » ait été bien apprécié et il est vu comme la solution. G. Fioraso l’a annoncé, repris ensuite par V. Berger, rapporteur des assises : « Une partie de l’échec » découle d’une rupture entre le secondaire et le supérieur » (source ici). C’est vrai que l’université est vue par les étudiants comme une sorte de jungle incompréhensible, les pauvres chéris sont un peu perdus quand ils arrivent. Heureusement pour le jeune à l’autonomie limité, l’université va bientôt tout faire pour une complète prise en charge.

Martin Andler ne semble pas trop d’accord avec cette approche : « Dans tous les pays du monde (sauf la France), le passage aux études supérieures marque une rupture : c’est l’âge de la majorité ; souvent, c’est le moment où les jeunes quittent leur famille. C’est un changement majeur dans les conditions d’études. Par comparaison avec les jeunes des autres pays, les nôtres n’y sont pas prêts. Ne convient-il pas de s’interroger sur ce point, et de réfléchir comment l’enseignement secondaire pourrait mieux favoriser l’apprentissage de l’autonomie ? ». Extrait du texte « La licence au risque de la secondarisation ». Le texte entier est ici.

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