Les assises de l’ESR doivent servir à matière pour l’écriture d’une nouvelle loi qui serait proposée au printemps prochain. Une loi sur l’ESR, ça doit s’appliquer à tous, ce qui n’est pas évident tant le paysage de l’ESR est divers et complexe. Ce qui n’est pas clair pour moi c’est l’étendue de la loi. Est-ce qu’au final seules les universités seront concernées par la loi (une sorte de LRU2, par exemple) ? ou bien est-ce que l’ensemble de l’ESR sera concerné  (incluant donc les grandes écoles ou autres formations publiques périphériques de l’université, incluant le rôle des organismes de recherche) ? En toute logique ça devrait être le cas étant donné qu’il ne s’agit pas d’assises de l’université mais bien d’assises de l’ESR.

Un très grand nombre de contributions a été déposé sur le site des assises, de nature et de qualité très diverses. Les membres du comité de synthèse vont beaucoup s’amuser !  Devant cette très grande diversité, il apparaitrait utile d’avoir  en tête une direction assez générale. C’est ce que propose le  think tank Terra Nova (gauche progressiste). Le think tank pense qu’un élément fondamental est de s’interroger sur le rôle de l’Etat dans la politique de l’ESR. Il formule alors trois recommandations  qui devraient sous-tendre la  « philosophie de la nouvelle loi ».

  • « Les pas accomplis dans la direction de l’autonomie des universités ne doivent pas être inversés, mais approfondis. L’autonomie concerne la gestion, la pédagogie, la politique scientifique. Mais la loi doit mieux régler les rapports des établissements avec leurs tutelles, leur mode d’évaluation, ainsi que leurs formes de gouvernement interne qui doivent faire place à la collégialité.
  • Les deux lois de 2006 et 2007 ont singulièrement compliqué le paysage en créant de nombreuses strates supplémentaires. La loi doit énoncer des principes généraux de réorganisation et de simplification pour développer un nouveau modèle universitaire fédérant l’ensemble des établissements (école, universités, instituts) d’un même territoire.
  • La loi ne doit pas fixer l’organisation des universités dans le détail, de manière uniforme pour les petites et les grandes universités et toutes les disciplines. Une fois fixés les missions, les orientations stratégiques et les grands principes d’organisation, que la loi donne aux acteurs la boîte à outils qui leur permette d’adapter au mieux leur organisation à leur environnement, à leurs caractéristiques et contraintes spécifiques et à leur projet collectif. »

En résumé, Terra Nova propose (1) de confirmer l’autonomie des universités (2) développer un nouveau modèle universitaire issu de l’intégration de notre univers actuel fragmenté (3) et enfin de différencier les établissements et de leur laisser développer leur politique de site.

Pour ma part j’ai du mal à imaginer que Terra Nova soit suivi sur ces lignes générales. En effet, G. Fioraso l’a clairement annoncé récemment : « l’Etat stratège reprend la main ! ».

On peut lire l’intégralité de la contribution de Terra Nova ici.

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