Dans les contributions des assises de l’ESR, on trouve beaucoup de préoccupations concernant les statuts des personnels chercheurs (C) et enseignants-chercheurs (EC). Parmi elles, on en trouve un certain nombre qui préconisent un rapprochement ou une fusion entre les statuts des C (organismes de recherche) et les EC (universités). Nous avons déjà discuté de ce thème lors de la publication d’un rapport de Terra-Nova (think-tank de la gauche progressiste), pour qui l’évolution vers un statut unique était une piste à explorer (lire ici, billet et la discussion en 116 commentaires passionnants).

Récemment l’Académie des Sciences allait aussi dans ce sens : « L’Académie souhaite un rapprochement progressif et modulé des carrières et statuts des enseignants‐chercheurs (universités) et des chercheurs (EPST), le statut de ces derniers devenant celui de chercheurs‐enseignants. Ceci faciliterait largement les passerelles entre les personnels des universités et des EPST qui sont sous le même statut de la fonction publique depuis plus de trente ans » (lire ici, page 40)

Examinons maintenant quelques extraits de  contributions aux assises de l’ESR sur le sujet :

« Il a été évoqué lors des discussions une possible mise en commun des statuts de chercheur et d’enseignant dans un statut unique de « chercheur-enseignant» comme préconisé notamment par l’Académie des Sciences. Ceci permettrait de partager les tâches d’enseignement et de recherche de manière beaucoup plus souple, puisqu’il serait alors possible de moduler le service d’enseignement de manière à libérer du temps de recherche pour les enseignant chercheurs, ainsi que de permettre aux chercheurs de s’impliquer plus fortement dans les filières de formation à l’Université. Il semble clair qu’il faille introduire une plus grande flexibilité dans le passage entrel’enseignement supérieur et la recherche et qu’un chercheur ou enseignant chercheur puisse, à un moment donné de sa carrière, s’investir plus ou moins dans l’une ou l’autre de ces tâches » (source ici, contribution d’un laboratoire, physique).

« Faciliter les transferts (détachements) de chercheurs et enseignants-chercheurs entre universités et EPST, tendre vers la fusion de chercheur et d’enseignant-chercheur en un statut unique avec modulation possible des missions d’enseignement et de recherche au long de la carrière » (source ici, présidence université d’Avignon).

« Création d’un statut unique de « Chercheur – Enseignant » (CE) commun aux Universités et établissements de recherche avec une réduction significative du nombre d’heures d’enseignement par CE (de l’ordre de 50 à 70 heures). Chaque CE est rattaché à une unité, à un établissement de recherche et à une université. La majorité des CE doit participer à l’enseignement, mais l’investissement serait flexible et modulable au cours de la carrière et en fonction des compétences pédagogiques des individus. De fait, les unités de recherche deviennent des UMR associant une Université et un établissement de recherche »  (source ici, Assemblée générale INRA, centre de Montpellier)

« Augmenter la perméabilité entre les carrières de Chercheur et d’Enseignant-Chercheur. Réfléchir à l’évolution vers un statut unique, flexible, reconnaissant toutes les facettes de ces métiers dont l’exercice pourrait évoluer au long de la carrière » (source ici, contribution d’un laboratoire, biologie) .

« On pourrait envisager d’engager la convergence progressive des établissements de recherche autour du CNRS et de l’INSERM et rapprocher encore plus ceux-ci des universités. Cela peut passer par la définition d’un statut unique pour les enseignants-chercheurs universitaires et les chercheurs des établissements de recherche. Peut-être pourrait-on aller peut-être vers un rattachement de base des personnels des établissements aux universités avec des délégations plus ou moins longues et une participation plus systématique aux enseignements ? » (source ici, contribution individuelle, sociologue au CNRS).

« Mettre en place aussi des dispositifs réels de modulation de service (recherche, enseignement, administration) pour ne pas dévaloriser chacune des fonctions et freiner les évolutions de carrière. Eventuellement aller jusqu’au statut unique chercheur/enseignant-chercheur » (source  ici, université de Bretagne occidentale

« La dynamisation de la recherche passe par un statut unique des enseignants et des chercheurs ou tout au moins d’un rapprochement des statuts entre enseignants-chercheurs et chercheurs. Une activité d’enseignement de ces derniers – limitée en volume et en temps – comme au Royaume Uni dégagerait probablement des marges pour décharger des enseignants-chercheurs, soit néo-universitaires soit ayant accepté de diriger des projets lourds » (lire ici, conseil scientifique de l’université d’Angers).

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