«  La qualité de la recherche dans le monde est victime de la trop grande abondance de publications, sans cesse augmentée par l’apparition de nouveaux journaux scientifiques. En conséquence, la communauté des chercheurs passe un temps considérable à évaluer, lire et écrire des articles de qualité médiocre. Comment arrêter ce processus délétère ? Une piste de réflexion serait de décider que chaque chercheur a droit de publier un nombre limité d’articles soumis à comité de lecture pendant sa carrière. Ce nombre pourrait bien évidemment évoluer en fonction de la taille de l’équipe et de l’impact des publications antérieures (la méthode de mesure est à définir, il existe de nombreux outils ± bons). Les données qui ne seraient pas décrites dans ces articles seraient mises en accès libre sans être sélectionnées par un comité de lecture, avec pour seule règle déontologique de mettre les données brutes dans leur totalité. Ce mode de fonctionnement aurait de nombreux avantages. Il entraînerait une diminution considérable du nombre d’articles publiés, forçant les chercheurs à ne publier que les données qu’ils considèrent comme étant les plus significatives. De ce fait, le travail d’expertise et de lecture d’articles serait fortement diminué pour les chercheurs. On pourrait aussi espérer que l’évaluation serait de meilleure qualité, les évaluateurs passant plus de temps sur chaque manuscrit, d’autant plus que leur évaluation pourrait ne plus être anonyme. En résumé, c’est choisir la qualité plutôt que la quantité ».

Source : contribution individuelle aux assises de l’ESR. L’auteur précise que c’est probablement une vision utopiste et difficile à mettre en place. A noter une certaine résonance avec le  mouvement slow science « We are scientists. We take our time”. Ce mouvement prône une décroissance de la production scientifique et parfois même une « désexcellence » (lire ici et ici pour en savoir plus).

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