Nous discutions récemment des difficultés que rencontre notre industrie au sujet de l’innovation (lire notre billet sur la faillite des ingénieurs). Les personnes qui composent le système ne sont certainement pas étrangères aux difficultés. Selon deux spécialistes du management d’entreprises, il existe trois types de profils psychologiques qui font obstacles à l’innovation (lire ici):

Les victimes « sont des personnes qui perçoivent les problèmes comme des moyens pour les persécuter plutôt que comme des défis à surmonter. (…) pour  certains cela est devenu un mode de vie». « Les victimes ne cherchent pas des opportunités d’innover et d’avancer, mais des problèmes »

Les sceptiques : «Ceux qui gagnent sont souvent ceux qui croient qu’ils peuvent y arriver et les perdants ceux qui doutent… Le lien entre y croire et y parvenir est puissant et réel…»

Les « je sais tout » : « Les innovateurs sont des gens qui apprennent, pas des personnes qui savent ». C’est, semble-t-il, la catégorie la plus importante. « Les dirigeants qui ont construit ces cultures (…) doivent rechercher en permanence des choses qu’ils ne comprennent pas et plonger au fond de la piscine…». « C’est le problème de fond de l’innovation. Les experts, ceux qui savent le plus, y sont en général réfractaires au nom de leur savoir maîtrisé. Mais cela explique pourquoi les grandes entreprises sont incapables, la plupart du temps, de voir venir le nouveau produit ou le nouveau concept lancé par un petit concurrent qui va remettre en cause leur modèle ».

Et on en arrive à la conclusion : « Comment laisser de la place à ceux qui «pensent autrement  ? Penser «out of the box» c’est penser en dehors du cadre dans lequel généralement on range les problèmes… avec une solution A, B ou C. Il faut simplement se poser la question de temps à autre: y a-t-il une autre façon d’envisager cela? »

Une autre façon d’envisager cela ? J’ai franchement de grands doutes quant à notre capacité d’envisager les choses autrement … par exemple dans notre enseignement supérieur (qui marche sur la tête), la moindre petite réformette provoque systématiquement levée d’indignation et de sentiment de se « faire attaquer » … Le statut de « victime » a beaucoup la cote ! Encore que les « je sais tout » (les donneurs de leçons) sont aussi légion … Alors que les « septiques » me rejoignent !

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