La qualité des étudiants dépend fortement de celle de l’enseignement secondaire qu’ils ont reçu (subi ?). Il est donc intéressant d’analyser les résultats d’une enquête faite auprès des lauréats du Concours Général (lauréats depuis 2000, 58 réponses dépouillées – lire ici). Ci-dessous un résumé des points importants de l’enquête (plus de détails dans le lien).

Qu’attendent-ils, que pensent-ils des professeurs ?

Les deux qualités principalement attendues des professeurs sont la « passion » pour leur sujet et l’exigence vis-à-vis des élèves. Viennent ensuite la capacité à sortir du bachotage, à aller au-delà des programmes (un brin d’originalité ne déplaît pas) et à s’intéresser aux élèves individuellement, les meilleurs comme ceux qui peinent.

Ces jeunes gens attendent beaucoup de leurs maîtres et disent que certains leur ont beaucoup apporté. Cela ne les empêche pas de signaler l’existence d’insuffisances parfois voyantes : lassitude trop perceptible, plus grave, indifférence avérée, parfois incompétence dans la discipline enseignée sont aussi mentionnées.

Qu’ont-ils apprécié dans l’enseignement reçu ?

La réponse qui domine est : un enseignement large, divers. Les lauréats issus d’une filière métier expriment cette idée sous la forme : une bonne alliance entre théorie et pratique. Est ensuite assez souvent mentionnée la formation au travail, à la rigueur, à la logique.

Que critiquent-ils ?

Les insuffisances d’enseignants sont souvent citées. On déplore des professeurs ressentis comme peu compétents dans leur discipline, manquant d’autorité, démotivés et démotivants, voire carrément fumistes. Et cela ne semble pas être considéré comme exceptionnel ; en tout cas, ce n’est pas exceptionnellement cité. La jeunesse est certes exigeante, mais à la lire il ne serait pas étonnant que l’homogénéité de qualité du corps enseignant laisse à désirer.

Cette considération générale posée, les critiques portent principalement, mais de façon différente, sur l’enseignement des langues vivantes, des matières artistiques (musique, arts plastiques), des humanités (français, philosophie) et des sciences.

Largement en tête des domaines critiqués est l’enseignement de langues vivantes, enseignement des bases et de la pratique mais aussi parfois de l’ouverture à la culture supportée par la langue.

Après les critiques sur les langues vivantes viennent en nombre celles sur les enseignements artistiques. Ceux-ci sont considérés comme tout à fait inefficaces et, disons le mot, rasoirs. Pourtant, on ne peut pas dire qu’une population où il y a une telle proportion de pratiquants d’un instrument de musique, ou d’amateurs déclarés de musique, soit rétive à celle-ci

Venons à sans doute plus essentiel, les enseignements classiques. Ils ont tous droit à leur lot de reproches, mais dans des tonalités différentes suivant les disciplines visées.

En sciences, et plus particulièrement en mathématiques, ce sont d’abord les programmes qui sont considérés comme mal faits, insuffisants. Position qui n’est pas que celle d’élèves à tendance scientifique car on la retrouve chez des littéraires regrettant leur manque de connaissances de base dans cette discipline Est aussi pointé un manque de coordination entre les programmes de mathématiques et de physique. Les critiques sur la physique et les sciences de la vie et de la Terre sont trop rares pour être significatives d’un malaise général.

Ce billet nous est proposé par François.

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