François Hollande a dit qu’il allait réformer la LRU mais il toujours resté très flou sur la nature de la réforme, laissant à des futures assises de l’enseignement supérieur et de la la recherche le soin d’établir les orientations d’une nouvelle loi. Pour Louis Vogel (président de la CPU), « il faut réformer la gouvernance » (lire ici). Après la vague des élections des nouveaux présidents d’universités, on voit très clairement apparaître les faiblesses de la LRU sur ce volet. Les principales critiques, souvent entendues sont les suivantes : conseils maintenant trop restreints (atteinte à la collégialité), prime majoritaire tueuse (pour le CA), élections du président faites avec un vivier d’électeurs trop restreint (CA seul), trop de pouvoir donné au présidents (qui sont devenus des vrais dictateurs), etc …

Le problème, c’est que la communauté universitaire est assez divisée sur ce thème. Bien entendu certains œuvrent pour un retour aux temps anciens, avec des conseils de 60 personnes et une élection du président par l’ensemble des membres élus de ces conseils. Au contraire, d’autres pensent qu’il est temps de passer à autre chose, d’imaginer un nouveau modèle de gouvernance. C’est manifestement le cas de Louis Vogel : « Il fau­drait inven­ter une sorte de +Sénat aca­dé­mique+ qui asso­cie­rait toute la com­mu­nauté uni­ver­si­taire. Mais le pou­voir de ges­tion de l’université revien­drait à la direc­tion de l’établissement" (lire ici). C’est aussi le cas de J.F. Méla qui pense que le temps de la « république des professeurs » est terminé. Selon lui, il est temps que mettre en place une « gouvernance partagée » entre les différentes parties prenantes l’université. Ca pourrait prendre la forme « d’un équilibre de pouvoirs entre l’administration, le conseil exécutif et le sénat académique » (lire ici pour les détails ; lire également un billet antérieur consacré au sénat académique, incluant un lien vers les propositions de Terra Nova). On pourra lire également avec intérêt les propositions (à plusieurs variantes) de Jean-Yves Mérindol, ici. Ceci n’est certainement pas exhaustif, et mes commentateurs pourront signaler d’autres contributions intéressantes à ce débat.

Dans tous le cas, il apparaît évident que ce thème de gouvernance des universités sera un thème majeur des futures assises de l’ESR. J’espère qu’il n’occultera pas d’autres thèmes qui sont tout aussi importants (sinon plus).

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