Depuis le début de l’année, une pétition est en ligne pour condamner les pratiques commerciales d’un éditeur scientifique, Elsevier (pétition « le coût du savoir », ici). Elle a pour origine un mathématicien, médaille Fields en 1998, qui déclare en janvier dernier qu’il ne ferait plus publier ses recherches dans les revues de l’éditeur Elsevier. A ce jour, 10 000 universitaires du monde entier ont déjà signé la pétition (source ici).

Pourquoi cette fronde ? C’est principalement à cause des frais d’abonnements aux journaux scientifiques qui devient très lourd pour les bibliothèques universitaires, sans compter des pratiques douteuses de « bouquets » de revues. En gros, ce qui est reproché c’est que les éditeurs fassent des profits exorbitants sur le dos du travail des chercheurs. Un chercheur français : « Il y en a marre que ces gens se fassent de l’argent sur le dos des chercheurs ». « «Nous payons pour soumettre un article ; s’il est accepté, nous payons pour le faire publier ; parallèlement nous relisons bénévolement les travaux de nos pairs pour les corriger et les valider avant publication ; enfin nous payons pour y avoir accès. Et le plus fort, c’est que nous abandonnons tous nos droits après publication.» (source ici).

Cela aurait pu rester une fronde assez confidentielle, mais ces jours temps l’université d’Harvard a mis les pieds dans le plat et rejoins le combat. Le directeur de la bibliothèque de Harvard: « J’espère que d’autres universités vont faire des actions similaires. On est tous confrontés au même paradoxe. Nous faisons les recherches, écrivons les articles, œuvrons au référencement des articles par d’autres chercheurs, le tout gratuitement… Et ensuite nous rachetons le résultat de notre travail à des prix scandaleux. ». (source ici).

Elsevier semble avoir fait quelques concessions suite à la fronde des mathématiciens … mais c’est loin de régler tous les problèmes comme le montre la prise de relais par l’université d’Harvard. Le symbole d’Elsevier, c’est l’arbre de la connaissance. Aux tarifs d’Elsevier, c’est très clair que les universitaires ne seront bientôt plus capables d’aller décrocher ses fruits (défendus) …

L’arbre de la connaissance, détourné par l’un des signataires de la pétition (crédit Michael Eisen).

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