Comme beaucoup en cette période, l’UNEF interpelle les candidats à la présidentielle au sujet de l’enseignement supérieur. Le syndicat étudiant présente cela comme des exigences  (lire ici). La plupart d’entre elles sont relatives aux conditions étudiantes (montant des bourses, logement, etc …). D’autres nous interpellent plus directement (nous = universitaires) et sont des sujets fréquemment discutés dans ce blog.

Selon l’UNEF, « l’université ne s’est pas adaptée à l’exigence de réussite de tous les publics. La multiplication des diplômes (un bachelier doit choisir entre 9 000 possibilités de formations lors de son orientation !) a rendu le cursus de licence illisible pour les étudiants comme pour les employeurs. Certains étudiants, parce qu’ils sont plus fragiles socialement ou parce qu’ils ne viennent pas de bac généraux, sont plus sujets à l’échec que d’autres, sans pour autant bénéficier d’un meilleur accompagnement faute d’enseignants et de per­sonnels suffisants ». Ce constat conduit à trois exigences :

  • Donner la priorité aux étudiants de bac techno dans l’inscription en IUT pour limiter les voies de contournements « Aujourd’hui la majorité des places ouvertes en DUT sont occupées par des bacheliers généraux (70% contre seulement 30% de bac technologiques). Les bacheliers généraux ont plus de facilité à y accéder étant donné la sélection opérée à l’entrée de ces filières. Pour ces étudiants, souvent refusés en classes prepas, l’IUT est utilisé comme une filière de contournement aux filières universitaires, non sélectives et où le taux d’échec est élevé ». […] « Nous proposons de donner la priorité aux bacheliers technologiques au sein des IUT. Ce sont les étudiants qui ont le plus besoins d’un fort taux d’encadrement et de bonnes conditions de bonnes conditions pédagogiques qui doivent pouvoir être prioritaires dans les IUT ».
  • Recruter 2 500 enseignants et 2 500 person­nels pour la licence pour les premiers cycle universitaires pour garantir les 1500h  d’enseignement. « Nous proposons le recrutement de 2500 personnels administratifs et de 2500 en­seignants dans les universités pour les premiers cycles universitaires. Ce recrute­ment doit être une première étape dans la perspective d’un plan pluriannuel de recrutements avec une montée en charge qui permettent aux universités d’arriver à un taux d’encadrements similaires aux filières sélectives ».
  • Référencer les licences en une liste de 30 inti­tulés pour une meilleure reconnaissance des formations. L’UNEF fait remarquer qu’il existe en France 9000 intitulés de formations post-bac (dingue ça ! on imagine aussi la douleur de la personne qui a fait ce répertoire …). « Chaque université décide des intitulés des diplômes qu’elle propose aux étudiants. Il y a une nécessité de rendre lisible les offres de formations et répondre ainsi à un éclatement de l’offre de formation au sein des universités à quoi vient s’ajouter l’ensemble des parcours disponibles en dehors des universités ou au sein des IUT (grandes écoles, CPGE, BTS, écoles d’architecture, …). Cette situation entraine des diffi­cultés d’orientation pour les étudiants et intensifie la mise en concurrence des diplômes de licences. Le maquis de formation rend également illisible la qualité des diplômes pour les employeurs qui mécon­naissent aujourd’hui encore les fonctionnements des universités ». En somme l’UNEF est ici en phase avec le PS qui, dans son programme préliminaire, parlait de ce problème : « des milliers d’intitulés de licences et de masters coexistent aujourd’hui – est pénalisante pour les étudiants, particulièrement ceux issus des familles les plus éloignées de l’enseignement supérieur. L’autonomie pédagogique des universités qui leur permet de faire bénéficier les étudiants des spécialisations particulières de leurs enseignants, doit s’exercer dans le cadre d’une régulation nationale afin que les diplômes aient un caractère national. Pour cela, une coordination sera mise en place afin de développer pour chaque mention de licence des référentiels nationaux de formation et de compétences » (lire ici)

Je note enfin que le document de l’UNEF contient, comme d’habitude, des fautes d’orthographe. Je conseille donc aux rédacteurs de suivre quelques cours à l’université … (lire ici).