Compte tenu du taux de chômage important chez les jeunes, les formations professionnelles reçoivent beaucoup d’attention. Beaucoup disent que pour améliorer l’employabilité et l’insertion professionnelle des jeunes, il faut leur offrir des formations professionnalisantes. Récemment le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) a publié une note d’analyse sur ce sujet « L’enseignement professionnel initial dans le supérieur – Atteindre l’objectif de 50 % de diplômés du supérieur tout en favorisant leur insertion professionnelle » (lire ici). En conclusion de ce rapport, le centre propose de développer l’offre de formation professionnelle, en particulier dans les universités.

Quelques remarques sur cette note :

Le CAS donne une sorte de définition des formations professionnelle : Elles « correspondent souvent à l’aboutissement d’un cursus ». Ainsi on comprend que la formation professionnelle est la dernière étape avant la recherche d’emploi.

Le CAS rappelle que maintenant les universités ont une mission d’insertion professionnelle des étudiants. C’est une mission récente conférée par la LRU. « Sans chercher une adéquation mécanique, ni renoncer aux exigences académiques, il s’agit de répondre aux attentes des entreprises à la recherche de compétences générales et professionnelles ». Cette nouvelle mission remet un peu en question la « répartition des tâches entre des formations professionnelles, qui se sont développées principalement hors des universités, et des formations générales, dispensées dans les universités ». Je trouve que cette vision est un peu exagérée compte tenu que l’université porte pas mal de licences pro, les IUT, les masters, la formation des enseignants, etc …

Le CAS note que les IUT « sont censés déboucher sur une insertion immédiate mais près de 80 % de leurs diplômés poursuivent leurs études » (pour les BTS, c’est 45 %). Ils sont environ 50 % à faire trois années d’études supplémentaires, donc à aller jusqu’au niveau master (à l’université ou dans diverses écoles). On peut donc déduire de ces chiffres que les IUT ne remplissent plus la mission qui leur a été confiée.

La note d’analyse se termine par des propositions. Là encore, quelques points saillants et remarques :

En résumé, le CAS propose de développer l’offre de formation professionnelle à l’université. Toutefois il met en garde contre la tentation d’une explosion de l’offre (il prône une réduction du nombre de domaines et de spécialités, afin d’éviter l’hyperspécialisation), probablement pour des raisons budgétaires car les formations professionnelles sont plus couteuses que les formations générales. Ainsi il préconise une rationalisation de l’offre. Pour cela il propose de renforcer la coordination des formations post-bac, en particulier entre les lycées et les universités. « Une des pistes consisterait à rapprocher des sections STS des universités volontaires ». Un autre piste serait d’introduire assez fortement un volet lié à la professionnalisant dans les filières générales de licences, et également de développer l’apprentissage dans le supérieur.

Parmi les pistes non évoquées par le CAS, on pourrait s’interroger sur le rôle des IUT (et peut-être des BTS). Ils ont pour mission de porter une bonne partie de ces formations professionnalisantes, mais il semble qu’au cours du temps, cette mission initiale soit maintenant devenue très dénaturée (en particulier pour les IUT). Plutôt que de créer de nouvelles formations professionnelles, ne faudrait-il pas, au moins dans un premier temps, travailler à ce que les formations déjà existantes sur le créneau remplissent effectivement leur mission de professionnalisation ?

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