D’après Vincent Peillon, un des grands chantiers du programme de François Hollande sera les premiers cycles universitaires (source Les Echos, ici). A ma connaissance, on n’a pas de détail sur le comment ce grand chantier sera conduit. Je crois comprendre que le PS est en consultation avec les principaux acteurs afin d’affiner le programme. On devrait donc en savoir un peu plus prochainement. A ce stade, je ne comprends pas bien si le texte du PS de mai dernier est toujours d’actualité (texte présenté lors d’un forum des idées, le 18 mai 2010 à Toulouse, que l’on peut lire ici).

D’après ce texte, et au sujet de la licence, « aux yeux de nombreux jeunes, l’enseignement supérieur, et tout particulièrement l’université, ne paraissent plus en mesure de remplir leurs promesses d’accomplissement personnel et professionnel ». Il est vrai que quand on lit les critiques émises par l’UNEF au sujet des licences universitaires, il y a de quoi s’inquiéter (lire ici). Il est vrai également que rien n’a vraiment changé à l’université depuis trop longtemps alors que le public est aujourd’hui très différent de celui des années 70. Les taux d’échec en licence sont scandaleusement élevés depuis trop longtemps, sans provoquer d’actions significatives pour contrer ce fléau. Pourtant des solutions existent : faire une sélection à l’entrée, orienter convenablement ou proposer des formations différenciées selon le niveau des étudiants. Un nouveau monde à construire …

Un autre créneau important pour le PS semble être la démocratisation de l’enseignement supérieur. Dans le texte de mai dernier, on peut lire : « l’accès aux études supérieures, et plus encore, la réussite dans les études supérieures, demeurent en outre profondément inégalitaires et socialement discriminants. Ces inégalités sociales ont même tendance à s’aggraver et se retrouvent à tous les niveaux ». Vincent Peillon déclare récemment dans l’article des Echos qu’ « un problème qui entretient le système dual des universités qui doivent accueillir tout le monde et n’ont pas d’argent, en concurrence avec les classes préparatoires, les BTS, IUT et les écoles post-bac aux droits d’inscription élevés, avec une reproduction sociale invraisemblable ».  Il s’agirait de parvenir à une «  homogénéisation de ces premiers cycles ». Cette dernière phrase est un peu curieuse et j’espère que l’on aura des précisions sur la façon dont sera conduite cette « homogénéisation ».

Dans tous les cas, et compte tenu des enjeux, la Gaïa Universitas tentera de décrypter le programme ESR du PS qui reste actuellement beaucoup trop flou.