L’université de Bordeaux 1 met en œuvre sa modulation des services. Sont concernés, entre autres, les enseignants-chercheurs « qui n’ont plus aucune activité de recherche reconnue ou n’excerçant plus d’activité d’intérêt collectif depuis plus de 3 ans » (source : un billet du blog « Histoires d’Universités », ici). Après une période de dialogue, un EC peut se voir proposer deux options (1) le passage à un service d’enseignement à 288 heures/an et un déclenchement des heures complémentaires à partir de ce seuil (2) s’il refuse, ce qui est son droit, alors il n’y aura plus d’affectation d’heures complémentaires (lire ici la fiche que l’enseignant-chercheur doit remplir).

Le blogueur Pierre Dubois s’insurge devant cette mesure : « Je ne suis pas juriste mais je trouve inique cette décision ; elle doit pouvoir être attaquée par les syndicats en tribunal administratif. Qu’en pense Laurent Wauquiez, maître des requêtes au Conseil d’Etat ?  […] « travailler plus pour gagner moins. Inadmissible ! […] Le Président de Bordeaux 1 attaque de front l’identité et l’unité du corps enseignant du supérieur. En assume(ra)-t-il les conséquences ? »

De son coté, la réaction d’un EC concerné : « “Dans quelle ambiance de travail allons-nous exercer notre activité avec ce genre de règles ? Quelqu’un à qui l’on retire le statut d’enseignant-chercheur et qui devient juste “enseignant-non-chercheur” ne peut pas bien le vivre. Quel regard porterons-nous sur lui ? Quelles tâches d’enseignement lui accorderons-nous ? Probablement ni des cours de Master, ni des cours prestigieux laissés aux chercheurs seuls”

Je n’arrive pas bien à comprendre ces deux réactions. Peut-être que je n’ai pas bien compris la double mission des EC (recherche et enseignement), l’une des deux pourrait être optionnelle ? sans obligation de réalisation et sans compte à rendre à personne ? Si l’EC ne fait qu’une de ces deux missions, sans compensation, pourquoi l’université payerait un plein salaire ? Pourquoi enclenchait-elle des heures complémentaires (que d’autres appellent heures supplémentaires) à partir du seuil de 192 h/an d’enseignement ? Il me semble que la logique voudrait un service d’enseignement de 384 h/an, ce qui correspondrait alors à un plein salaire, comme le font les PRAG.

Dans le même sens, un commentateur du blog s’étonne : « Non mais faudrait quand même revenir à la réalité. Dans quelle métier de la fonction publique, un fonctionnaire qui ne fait pas la moitié de son travail n’a pas une petite pression ? On ne parle pas non plus de licenciement pour faute grave ou pour manquement …. On parle juste du fait que l’Etat (et donc nous tous comme contribuables) n’avons pas à payer à plein temps un fonctionnaire à mi temps… D’autant que dans son mi temps, il peut y avoir de nombreuses taches bien rémunératrices comme une exagération d’HC, des libéralités bien rémunérées (juriste, cabinet d’avocats pour la partie droit) … »

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