Beaucoup avaient critiqué des investissements d’avenir trop orientés vers la recherche. C’est assez évident avec les trois phares des bidulex (Equipex, Labex et Idex) qui mettent surtout en avant le volet recherche. C’est pourquoi en juin dernier était apparu l’idée de mettre en place un appel à projet consacré au volet de la pédagogie, dans le cadre du PIA (plan d’investissement d’avenir), idée défendue à l’époque par V. Pécresse.

Etant donné que j’ai l’esprit mal tourné, j’avais tout de suite pensé que ces projets pourraient préfigurer une sorte de prix de consolation, distribués aux gros nuls sites malchanceux ayant raté leurs bidulex. Pire encore, cela pourrait servir d’encouragement à une reconversion des universités défaillantes, afin qu’elles se consacrent à la formation plutôt qu’à une recherche de deuxième division. N’avait-on pas parlé aussi de pôles universitaires de proximité (PUP), en automne dernier, bref au moment de la fièvre d’excellence de la première vague Labex-Idex ?

Le commissariat au grand emprunt est conscient de ces inquiétudes et déclarait en juin dernier à propos d’un éventuel appel à projets consacré aux formations : « il ne faut pas que cet appel d’offres apparaisse comme un cadeau réservé aux universités recalés dans les autres appels d’offres plus centrés sur la recherche. Ce ne sera pas un super plan licence. Il faut que les projets soutenus soient relativement substantiels et qu’ils entraînent une réelle transformation de l’établissement ». Source ici.

Manifestement après quelques hésitations, le gouvernement s’est finalement décidé à lancer un appel à projet appelé «initiative d’excellence en formations innovantes» (Idefi). Les universités lauréates seront dotées de 150 millions d’euros pour développer leurs « projets pédagogiques innovants ». Source Le Figaro, ici. D’après l’article du Figaro, il y aura une vingtaine de projets sélectionnés. René Ricol (le commissaire au grand emprunt) précise qu’il faudra éviter le saupoudrage, d’où le nombre limité de lauréats, avec un jury qui « sera totalement libre de choisir ce qu’il veut».

Pour L. Wauquiez « l’excellence, c’est aussi s’occuper correctement des étudiants. Elle doit aussi toucher la formation » (toujours dans l’article du Figaro). Au sujet des universités de proximité, L. Wauquiez pense « qu’il faut pour chaque ville trouver son karma ». « Les universités de proximité, je n’y crois pas car cela les enferme dans leur territoire. L’expression est très mal ressentie par les présidents d’université car ils se sentent en division d’honneur. Des universités se sont astucieusement positionnées sur des domaines où elles sont en osmose avec leur territoire. Je crois à la place des villes moyennes, mais il faut pour chaque ville trouver son karma approprié, sa carte d’identité » (Source Educpros, ici). Educpros donne des exemples: « Limoges et la céramique, la Lorraine avec la résistance des matériaux, Clermont-Ferrand et l’imagerie, ou encore la Savoie avec la montagne. ». Je crois que j’ai compris: Brest c’est la mer, Dijon c’est la moutarde, Cambrai c’est les bêtises, etc….

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