Le dernier classement du « Times Higher Education » (THE) a placé une nouvelle fois les universités françaises à la traîne (lire ici) . Les causes de ces mauvais classements à répétition sont maintenant bien connues. Notre système-que-tout-le-monde-nous-envie n’est pas vraiment adapté aux critères utilisés pour établir ces classements. En particulier, notre paysage est très morcelé en une multitude d’universités qui ne sont pas pluridisciplinaires et des myriades de petites-grandes-écoles. Bref un système complexe, que personne ne comprend et ne sait bien gérer.

Au sujet du récent classement du THE, on pourra lire (ici) un article de François Garçon (auteur d’un livre récent sur la formation des élites). D’après lui « En Europe, les établissements non-européens qui aimantent chercheurs de haut vol et étudiants internationaux ne sont pas des supertankers à dizaines de milliers d’étudiants mais des universités rassemblant toutes les disciplines et groupant de quinze à vingt mille étudiants au maximum ». Par exemple « on notera que l’université de Bâle, adossée à un cluster d’entreprises chimiques et pharmaceutiques présentes sur l’ensemble du globe, domine largement son bassin géographique à 200 km à la ronde. On imagine l’intérêt du supertanker strasbourgeois à se rapprocher humblement d’une pareille pépite ». […] il est inutile d’aller à Roissy pour partir re-re-re-redécouvrir comment fonctionnent Stanford ou Harvard. La bonne recette, infiniment moins onéreuse, est d’aller gare de Lyon ou gare du Nord visiter la Hollande et la Suisse. En moins de cinquante ans, nos voisins vaudois ont transformé en Silicon Valley leur UNIL et leur poussiéreuse école polytechnique fédérale de Lausanne qui hibernait dans un champ de betteraves à la sortie de Lausanne ».

« C’est là que doivent aller nos présidents d’universités, syndicalistes étudiants et surtout candidats aux présidentielles : ces établissements sont gratuits, non sélectifs, publics et bourrés de chercheurs de renommée mondiale qui, tous, enseignent aussi aux étudiants de première année. Ils sont encore autonomes ».

Sur un sujet connexe, on pourra lire aussi une série de petites interviews sur le chantier des réformes universitaires entreprises en France vu par la presse internationale (ici, Les Echos). La grande majorité des propos recueillis sont fort élogieux, d’autres sont plus critiques : « Les universités françaises sont en passe de devenir plus présentes à l’international. Mais elles sont encore trop nombreuses, ce qui nuit à leur visibilité. Et surtout, le principal problème est sans doute celui de la gestion du système éducatif français. Comment piloter un ensemble aussi morcelé et aussi complexe ? Sans compter que réformer l’université réclame un gros effort financier. Partout dans le monde, il faut réfléchir aux moyens de maintenir cet effort d’investissement dans la durée. » Chaoran Ren (« China Business », Chine)

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