Sur le blog « Universitas » (quel drôle de nom !), on peut lire un billet intéressant sur la vision des candidats à la primaire socialiste sur l’ESR . Chaque candidat (ou presque) a répondu à une petite série de questions. On peut donc faire directement une comparaison des réponses. Les questions sont beaucoup orientées sur les réformes des récents gouvernements. On peut regretter que l’aspect « projets » ait été un peu négligé, c’est pourtant ça qui était intéressant. Mais ne faisons pas la fine bouche, les questions sont bien formulées et intéressantes. On peut lire ce billet, la liste des questions et les réponses des candidats ici.

Discutons aujourd’hui de la LRU. La question était formulée comme ceci : « Comptez-vous conserver ou remettre en cause la loi LRU sur l’autonomie des universités ? Quel bilan en faîtes-vous ? Le cas échéant, sur quels points l’aménageriez-vous ? ».

Sur ce sujet, le consensus est assez bon. Mis à part A. Montebourg, il n’y a pas de remise en cause du principe d’autonomie. Tous les candidats regrettent une perte de collégialité, trop de pouvoirs donnés aux présidents, etc … bref un discours très convenu et sans surprise.  Pour A. Montebourg, la LRU est manifestement à jeter à la poubelle et il nous sort slogan : « à l’université aussi il faut changer de république ». Bref il proposera une autre loi. Pour F. Hollande, il faut renforcer la collégialité des décisions et « il faut introduire cette concertation avec les syndicats en particulier pour avoir une université autonome et souveraine ». Pour M. Aubry, il faut réformer la LRU (changer le mode d’élection du CA et du président, redonner du poids aux autres conseils). Elle ajoute : « j’organiserai, dès le début de la mandature, des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche pour préparer, avec l’ensemble des acteurs, une grande loi pour l’enseignement supérieur et la recherche. Ce processus permettra notamment la remise à plat, sans exclusive, de l’ensemble des textes contestés depuis plusieurs années. ». Bref retour case départ. Enfin, M. Valls est certainement celui qui défend le mieux le principe d’autonomie. Mais il voit en la LRU un outil trop administratif dans les seules mains des présidents d’université. « Face à la centralisation des moyens de gouvernance de l’université due à la loi LRU, les universitaires sont donc obligés de se battre localement pour limiter les pouvoirs des présidents. Il faut toutefois poursuivre l’autonomisation des universités mais pas dans le sens qu’implique la LRU. Il faut une gouvernance autonome par rapport au ministère, avec des contre-pouvoirs démocratiques au sein de l’université qui permettent à ses acteurs de se prononcer sur l’ensemble des orientations.

Il est intéressant de noter que seul la gouvernance est discutée par les candidats. Mais la LRU, c’est aussi la gestion autonome des moyens (financiers et humains). Certes ce n’est pas déconnecté de la gouvernance, loin de là. Mais on aimerait savoir si les candidats pensent préférable que le ministère donne l’argent directement dans les labos ou bien sous forme de dotation globale à l’université qui se charge ensuite de la redistribution ? même question pour les composantes, par exemple pour les IUT.  On aimerait aussi savoir ce qu’ils pensent de la gestion des personnels et du cas particulier de la modulation des services. Faut-il un référentiel national des services ou bien cela doit-il être géré de façon autonome par chaque université ?

La petite phrase est certainement à mettre à l’actif de M. Valls : « Ceux qui luttent contre l’autonomie sont les fossoyeurs de l’université publique française : pour eux l’université n’est qu’une sorte de grand lycée où le contrôle de l’Etat permettrait à chacun de se délier de ses obligations vis-à-vis de la collectivité. Refuser l’autonomie revient à privilégier les désirs individuels de ses membres (enseignant-chercheur, personnel technique, étudiant), leur bien-être au détriment de l’institution. A l’inverse, accepter l’autonomie, c’est reconnaître qu’un établissement puisse faire des choix qui s’imposent à chacun, au nom des objectifs collectifs définis et tranchés par l’ensemble des instances représentatives ».

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