En France on aime bien empiler les structures. Chaque gouvernement en crée de nouvelles et oublie quasi-systématiquement de supprimer celles qui sont devenues obsolètes. Au final on ne sait plus trop qui fait quoi, bref on n’y comprend plus rien. Sur le site de campagne de François Hollande, on trouve un billet récent sur ce thème (lire ici). Ce billet consacre un long paragraphe sur les agences d’évaluation, l’AERES et la CTI. Extrait :

« La CTI (commission des titres d’ingénieurs) confirme quant à elle un savoir faire en matière d’évaluation des formations d’ingénieurs. On peut toutefois regretter une approche trop cloisonnée au monde des écoles et des zones de recouvrement importantes avec les interventions de l’AERES ce qui conduit à un ensemble qui n’est pas cohérent et insuffisamment  performant pour les écoles. Une solution doit être trouvée pour que l’AERES puisse se rapprocher avec la CTI et pour cela une véritable prise en compte des spécificités des écoles d’ingénieurs est indispensable ! A cette condition nous pourrons mettre en cohérence l’ensemble du dispositif d’évaluation dans  une logique indispensable de rapprochement des écoles et des universités ».

A ce sujet, la proposition de l’équipe de campagne de F. Hollande est la suivante : « Proposer une intégration de la CTI au sein de l’AERES en préservant les spécificités de l’évaluation des formations d’ingénieurs. »

Ce n’est pas la première fois que cette idée, que je trouve légitime et raisonnable, est en discussion. La question s’est d’abord posée au moment de la création de l’AERES en 2007. Mais finalement, la CTI est restée en dehors de l’AERES. On se souvient également de la tentative de captation de l’année suivante (lire ici, incluant d’autres liens vers la réaction de la CTI). Là encore échec et crispations …

Rappelons enfin la dernière polémique en date (fin 2010) entre ces deux structures au sujet de la formation universitaire au métier d’ingénieur. Sur ce coup, l’AERES a été assez taquine envers la vieille dame. En janvier, la CGE et la CDEFI viennent soutenir la CTI contre l’AERES. Pourtant, il apparait que nos ingénieurs sont en mal d’innovation, peut-être que ces masters d’ingénierie seraient la solution ? Les écoles d’ingénieurs proposent bien des masters et des doctorats, mais veillent à garder d’apanage des diplômes d’ingénieurs ! … d’autres encore préconisent qu’ils mettent en place leurs propres licences d’ingénierie. De leur coté, les universités ne restent pas les bras croisés, elle mettent en place le Réseau Figure (formation à l’ingénierie par des universités de recherche). Que tout cela est compliqué ! il faut sauver nos écoles d’ingénieurs !

L’AERES et la CTI, c’est une histoire d’Amour … qui se finira un jour par un beau mariage … ou pas …

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