C’est une question que se posent les consommateurs, a fortiori à l’époque des soldes. Lorsque les consommateurs sont des étudiants, la comparaison des prix requiert du temps et de l’énergie.

Le Department of Education aux États-Unis a mis en place un site internet, rendu accessible au public la semaine passée, qui établit une liste des colleges et de leurs droits d’inscription. La liste rend compte du prix le plus élevé et du plus bas; elle établit quelles institutions ont eu le pourcentage de variation sur deux ans le plus bas; elle montre aussi quels sont les prix nets les plus élevés et plus bas, c’est à dire une fois déduits des droits les prix de logement et nourriture ainsi que l’aide financière reçue.

J’ai cru trouver cette liste dans le site du National Center for Education Statistics mais je suis tombé sur une étude qui suit ces données entre 1988 et 1998… ce n’est donc pas ça, mais pour les férus de statistiques nces.ed.gov vaut bien le détour.

La liste récente indique Bates College comme ayant les plus hauts droits de l’année passé à 51300 dollars. Wells College est celui qui a connu la plus forte hausse en pourcentage, à 67%. Le Art Center College of Design a le prix net le plus élevé.

Une autre étude a par ailleurs remarqué que les coûts des community colleges sont en hausse, en moyenne 71% entre 1999 et 2009, ce alors que le revenu moyen des familles déclinait de 4,9%.

D’après The Economist, la bataille des droits se poursuit en Allemagne. En 2005, une décision de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe a permis aux Länder de lever des droits d’inscriptions dans les universités dont ils ont la tutelle. Sept États allemands l’ont fait, mais la nouvelle donne politique de l’Allemagne commence à remettre ceci en question. Dernièrement, le gouvernement social-démocrate de Hambourg a annoncé, à la suite d’une protestation en forme de strip-tease collectif des étudiants des beaux-arts, que les droits seraient abolis l’an prochain. Hambourg est imitée par quatre autres États (dont les nouvelles terres nouvellement conquises par la gauche allemande, la Rhénanie du Nord-Westphalie et le Bade-Württemberg), alors que la Bavière et la Basse-Saxe demeurent les seuls à les maintenir. Le magazine rappelle que seul 15% du revenu des universités allemandes provient de sources privées telles que le paiement de droits d’inscription. Le nombre d’étudiants allemands pourrait augmenter avec la fin du service national ainsi que l’écourtement d’un an des études secondaires. La question se posera de savoir si les universités obtiendront assez de financement de l’état pour pallier à ce renoncement à l’appel aux étudiants.

En Grande-Bretagne, le gouvernement conservateur souhaite faire entrer sur le marché des universités moins chères, étant donné que la plupart se sont précipitées pour augmenter les droits dès lors que ça leur était permis en dépit des protestations, elles aussi virulentes, des étudiants et de leurs familles. The Economist  relève ainsi deux erreurs de prévision: les émeutes ont tout de même eu lieu, et l’augmentation des droits ne réduit pas vraiment la masse des étudiants. En revanche le gouvernement table toujours sur le fait qu’à la longue, les étudiants déserteront des institutions dont les services sont médiocres pour des prix élevés pour d’autres ou le rapport qualité-prix est plus justifié…. L’on est encore dans le pari…

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