Dans un billet précédent (lire ici), nous discutions des étudiants étrangers et des possibles conséquences d’un durcissement des pays européens devant un flux migratoire qu’ils jugent trop important. Récemment, Valérie Pécresse a exposé la position française (lire ici, discours de la ministre le 10 mai 2011). Le message principal délivré est une « double nécessité de mieux sélectionner et encadrer les étudiants internationaux en mobilité en France ». Beaucoup auront compris que l’on va maintenant faire la chasse aux étudiants fantômes, accusés par certains d’être motivés uniquement de tirer bénéfice de nos aides sociales. Dans le discours de la ministre, l’étudiant étranger est clairement positionné en mobilité, il ne s’agit donc pas véritablement d’immigration. Afin de mieux contrôler les étudiants étrangers, la ministre propose trois axes de travaux.

Le premier axe est le développement de partenariats avec les universités étrangères (actuellement 20 % des mobilités). Dans les trois ans, la ministre souhaite que la moitié des étudiants étrangers viennent étudier en France dans un cadre de partenariats.

Le deuxième axe constitue l’accompagnement – orientation des étudiants étrangers, « depuis leur départ du pays d’origine jusqu’à la fin de leur cursus » (certains auront lu, bien entendu, jusqu’à la reconduite à la frontière …). Tout comme le premier axe, le but est manifestement d’avoir un contrôle accentué sur les activités des étudiants étrangers durant leur séjour en France. Je ne sais pas concrètement comment sera réalisé cet accompagnement. Un bilan annuel de situation ? Quelles seront les conditions associées ? Les directives devraient être connues bientôt puisque la ministre a promis une circulaire « fixant les grands principes de l’accueil et du suivi des étudiants internationaux ».

Le troisième axe « c’est la priorité que nous devons donner, clairement, aux étudiants de niveau Master et doctorat ». Rappelons qu’aujourd’hui il y a environ 20 % en master et 40 % en doctorat d’étudiants étrangers. Comme j’ai mauvais esprit, je soupçonne ici que le gouvernement pense qu’il prendra moins de risque avec ces étudiants venant chercher une haute qualification qu’avec un étudiant « électron libre » qui veut s’inscrire en L1 …

En attendant la circulaire de la ministre, j’espère que l’on pourra conserver autant que possible cette politique d’accueil de l’étudiant étranger. Je pense que les ambitions de réindustrialisation ne paraissent pas gagnées d’avance, mais la France garde encore de réels atouts pour (re)devenir un grand pays de science, d’art et de culture, en plus du tourisme, du vin et du fromage.

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