Dans les billets précédents, consacrés au cycle licence, nous avons beaucoup discuté de l’éventualité d’une diversification des parcours en licence. Ces discussions montrent clairement que tous ne sont enthousiasmés par cette éventuelle évolution. L’UNEF, syndicat étudiant majoritaire, ne semble pas du tout d’accord avec cette option : « L’UNEF s’inquiète des velléités de certaines universités de transformer le plan « Réussite en Licence » en outil au service du tri des étudiants en instaurant une « diversification des parcours » entre les meilleurs étudiants et les autres. La solution n’est en effet pas de trier les étudiants et de multiplier les parcours avec des niveaux d’exigences différents, mais bien de créer des dispositifs d’aides en plus pour les étudiants en difficultés afin de faire réussir le plus grand nombre » (Le diplôme de licence : un défi pour la réussite de tous, février 2011, lire ici).

La ministre Valérie Pécresse, au contraire, semble être favorable à cette diversification des parcours (lire ici, allocution du 17 décembre 2010, la licence, une solution pour l’emploi). D’autres personnalités se sont également exprimées dans ce sens, comme par exemple Louis Vogel, l’actuel président de la CPU « « Certains ont suggéré, pour éviter la sélection par l’échec, des solutions radicales comme la sélection à l’entrée à l’université : ce serait une mauvaise solution. Contrairement aux idées reçues, nous n’avons pas trop d’étudiants en France. Ils sont, au contraire, moins nombreux dans une classe d’âge que dans d’autres pays comparables. Ne les éloignons pas de l’université, mais proposons-leur des parcours adaptés à la diversité de leurs besoins, de leurs envies et de leurs aptitudes. Grâce à l’autonomie, nous y parviendrons » (extrait de son livre L’université, une chance pour la France, publié en 2010).

Pour ma part je vois bien le public qui arrive à l’université (je précise que je suis en « science dure »). Il y a des étudiants qui arrivent faute d’avoir une place dans les filières sélectives (IUT, BTS, CPGE, prépa intégrées), avec souvent un bagage d’acquis très léger. De l’autre côté on a de très bons étudiants qui souhaitent s’engager vers des études longues sans avoir l’impératif de la compétition des concours. Peut-on raisonnablement soutenir que le niveau d’exigence doit être le même pour tous ? Actuellement ce niveau est quelque part entre ces deux populations extrêmes, avec pour conséquence un échec massif de la première population, alors que pour la deuxième on pourrait aller beaucoup plus loin. Je n’arrive pas bien à comprendre en quoi ce système est satisfaisant. Pourquoi ne pas proposer des formations qui soient adaptées à cette extrême diversité de public ?

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