On sait tous que la licence à l’université connaît un taux d’échec très important, en particulier pour la première année. L’UNEF, dans sa récente proposition de révolutionner le diplôme de licence tente une analyse des raisons de l’échec massif. Même si certains pourront considérer que ce sont des lieux communs ou un texte de défoulement excessif, elles me paraissent essentielles à ne pas perdre de vue car il s’agit de l’expression du syndicat majoritaire des étudiants. Les extraits ci-dessous proviennent du document « Le diplôme de licence : un défi pour la réussite de tous », téléchargeable ici, priorité n°2 des propositions de l’UNEF (fautes d’orthographe incluses).

  • « Le contenu des enseignements et les modes de transmissions des savoirs n’ont pas évolué et n’ont pas su s’adapter à la massification de l’enseignement supérieur et à l’accueil des 2.2 millions d’étudiants.
  • Les techniques d’enseignement et leurs contenus n’ont pas su prendre en compte l’évolution de la société et sont rester dans un conservatisme qui conduit aujourd’hui à un échec massif des étudiants.
  • L’université reste structuré par et pour la recherche alors que moins d’1% des étudiants s’y destinent.
  • Les enseignements universitaires sont restés très cloisonnés et la pédagogie est absente des bancs des amphis.
  • La technique du bachotage est trop souvent présente, celle qui consiste à intégrer le plus de connaissances brutes possibles, sans utiliser les outils méthodologiques ou réquisitionner ses compétences.
  • Seules quelques formations ont su évoluer, comme celles dispensées dans les IUT ou dans les licences professionnelles. Mises à part ces quelques exceptions, la pédagogie universitaire n’a pas changée alors que le public étudiant c’est fortement diversifié.
  • La pédagogie est devenue un tabou dans l’université : les enseignants ne reçoivent aucune formation pédagogique et professionnelle, les cours d’amphis ne sont jamais réfléchit dans un objectif pédagogique. Finalement seuls ceux qui ont le bagage culturel suffisant réussissent à l’université.
  • L’absence de suivi individuel prive les étudiants d’une éventuelle progression et ne fait qu’accentuer leurs lacunes.
  • Les pédagogues ne sont pas toujours les bienvenus, et ne sont pas valorisés au sein de l’université. Les enseignants à l’université sont d’abord reconnus pour leurs travaux de recherche. C’est d’ailleurs ces mêmes travaux qui guident à l’évolution de leur carrière. Cette logique conduit un certain nombre d’enseignants chercheurs à se considérer « comme maitres du savoir », et laissent le soin à leurs étudiants de se débrouiller pour intégrer cette parole. La pédagogie doit être valorisée dans les carrières et dans les salaires. Si la réussite n’est pas une priorité pour les enseignants, comment pourrait-elle devenir réalité ? »
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