À la Gaia Universitas, nous ne parlons pas souvent de l’enseignement supérieur du management, de la gestion, du business, du commerce, appelons cela comme on veut. J’ai l’impression que ceux qui en auraient l’expérience ne sont pas nombreux parmi nous, et moi-même c’est un genre d’établissement et une discipline que je ne connais pas vraiment. Voici donc un billet qui l’évoquera quelque peu, en rejoignant quelques thèmes fréquents, comme les pays émergents et leurs populations d’étudiants croissantes.

J’ai lu dans Les Échos aujourd’hui un article sur… l’émergence de business schools dans les pays émergents (lire ici).

On remarque que cette émergence attire d’abord l’attention en raison des places obtenues par certains établissements dans les classements. Il n’est pas surprenant que la presse économique s’intéresse traditionnellement à ce type d’établissement. Le classement du Financial Times est ainsi l’un des plus suivis en la matière. Il a récemment mis en valeur l’Université de Hong Kong, laquelle semble se situer en pointe par rapport aux universités chinoises, et la plus célèbre institution de l’Inde, les Indian Institutes of Management qui présente notamment l’intérêt d’être divisé entre de nombreux campus régionaux. Singapour semble aussi se distinguer.

Seconde remarque, un glissement s’opère actuellement entre la pratique d’établir des joint-ventures entre établissements locaux et écoles occidentales, c’était notamment la pratique en Chine jusqu’il y a peu. À présent les établissements locaux ont acquis la confiance et la capacité de voler de leurs propres ailes. Cela semble d’ailleurs un processus naturel, qui reflète de façon assez proche le processus de développement industriel, technique et économique de ces pays. Après avoir profité de l’assistance occidentale, l’expérience et le savoir-faire, ainsi, surtout, que les personnels qualifiés permettent à ces pays d’acquérir une capacité autonome.

C’est ici que se dessine une troisième remarque intéressante: le retour au pays des professeurs, chercheurs, experts de ces pays qui ont enseigné dans les écoles de management occidentales. Ils peuvent désormais trouver chez eux des conditions de travail enviables, bénéficient d’ailleurs d’une bien meilleure accointance avec la culture locale, et savent que la demande d’étudiants nombreux est de nature à les faire vivre pendant de nombreuses années. Peut-être sont-ils d’ailleurs fiers de participer au décollage de nouvelles écoles dans leur pays d’origine, comme autant de jeunes pousses.

Les écoles de management occidentales peuvent désormais escompter voir l’émergence de concurrents locaux, dans une branche où elles bénéficiaient d’un monopole absolu. On a déjà évoqué ici la question de la bataille pour capter les étudiants internationaux, qui se livre bien sûr dans toutes les disciplines. Il semble que pour les pays émergents, l’acquisition de savoir-faire technique est un enjeu aussi important que celui de la formation de cadres dirigeants. Dans ces pays, la condition de cadre peut encore être une véritable ascension sociale. Les étudiants qui y aspireront seront donc nombreux, et si l’offre locale leur parait satisfaisante, elle leur sera aussi économiquement plus profitable.

On dirait donc qu’une fois de plus, le soleil se lève à l’est…

Publicités