Harvard et Princeton sont dans les médias pour deux affaires dont toute université se passerait volontiers. Si la première affaire concernant l’université bostonienne relève de controverses fréquentes dans le monde de la recherche universitaire, la seconde qui affecte l’autre établissement de l’Ivy League situé dans le New Jersey est un peu moins commune et a néanmoins eu une conséquence tragique.

Il y a quelques semaines, un professeur du département de psychologie de Harvard s’est vu, par vote formel de ses collègues, interdit de cours à la rentrée prochaine. Marc Hauser était une personnalité bien connue du département. Depuis l’été 2010, il faisait l’objet d’une enquête interne de l’université portant sur l’intégrité de sa recherche scientifique. En février dernier, les enquêteurs ayant conclu à la mauvaise conduite, un certain nombre de mesures ont été engagées à son encontre, y compris une interdiction de cours. La décision relevant du doyen a été en outre sanctionnée par l’approbation de ses collègues. A défaut d’information précise sur les autres sanctions, on sait que huit chefs d’accusation de mauvaise conduite scientifiques ont été retenus, portant sur des travaux qui ont été publiés à partir de 2007. On a su depuis que le chercheur avait apparemment ré-effectué certaines expériences aux résultats douteux mais cela ne paraît pas avoir diminué le poids des accusations retenues contre lui.

À Princeton, c’est le suicide de l’enseignant mis en cause, Antonio Calvo, qui accentue les questions posées sur les procédures disciplinaires engagées par l’université. Chargé de cours dans le département de langue espagnol, l’enseignant a été suspendu début avril suite à des plaintes pour comportement inapproprié, ce qui paraissait aussi compromettre le renouvellement de son contrat après avoir été en poste à Princeton pendant dix ans et avoir bénéficié jusqu’alors d’une certaine popularité. Les plaintes restent assez peu détaillées mais il apparaît qu’elle dérivent en grande partie de ses relations avec les étudiants de troisième cycle qu’il supervisait dans leur capacité de chargés de cours dans le premier cycle. D’après des collègues et amis cités par le New York Times, les critiques qu’il adressait sur la qualité du travail de ces chargés de cours étaient fréquentes et de longue date. « Doté d’une voix forte et occasionnellement colérique, le Dr Calvo ne correspondait pas à la norme boutonnée de l’enseignement supérieur américain… Il a aussi pu se lâcher à l’encontre des étudiants de troisième cycle, les considérant comme des collègues parce qu’ils enseignaient aussi. » Ses amis estiment que les incidents avaient été traités de façon disproportionnée là où un avertissement aurait suffi. Il était prévu qu’il doive répondre de ces accusations et puisse se justifier auprès de sa hiérarchie avant qu’il ne mette fin à ses jours quatre jours après la suspension. La Présidente de Princeton, Shirley Tilghman a expliqué, suite à une pétition circulant à l’université demandant des précisions, que les principaux éléments de l’affaire ne pouvaient être rendus publics sans rupture d’éléments de confidentialité, mais elle a surtout mis en exergue le fait que l’affaire avait soulevé forces rumeurs circulant sur internet et que des mises en cause excessives portaient atteinte à la communauté universitaire.

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