Pourquoi les premiers cycles universitaires sont-ils en difficultés ? Pourquoi assiste-t-on à une fuite des étudiants vers les filières sélectives que sont les BTS, IUT et cycles préparatoires ? L’université est pourtant un lieu renommé de savoirs et de recherche, elle devrait par conséquent attirer les meilleurs étudiants. Or c’est tout l’inverse qui se produit. Progressivement, depuis trois décennies, et sans que les acteurs universitaires réagissent vraiment, l’’université est devenue la « voiture balai » de l’enseignement supérieur français.

Il n’y a certainement pas une seule raison à ce naufrage désespérant. Mais examinons aujourd’hui une des raisons possibles, signalée par un commentateur sur mon billet « Pourquoi en France méprise-t-on autant l’université ? ». Selon ce commentateur, une des raisons du mépris serait « la confusion entre la recherche et l’enseignement. Les derniers débats sur l’aménagement du service ont surtout montré que l’enseignement était considéré comme de valeur inférieure à la recherche ».

Il est vrai que le récent mouvement universitaire de 2009 a clairement montré que l’enseignement était considéré comme une valeur inférieur à celle de la recherche. Souvenez-vous du thème de « l’enseignement punition » discouru pendant des mois par les contestataires. C’est donner là une triste image de l’estime que l’on peut avoir de l’enseignement à l’université, discours qui a fortement contribué à dégrader encore un peu plus l’université.

Ceci dit, il est vrai également que pour un enseignant-chercheur, le volet enseignement n’est guère valorisé. Il n’est pas évalué et ne compte pour rien dans les promotions, primes ou concours, bref pour l’évolution de carrière des EC. Certains EC l’ont bien compris et concentrent leurs efforts sur le seul volet vraiment valorisable dans un dossier : la recherche (sont également valorisées les « tâches administratives »). Sur ce sujet, voir aussi mon billet sur l’évaluation individuelle des EC par le CNU.

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