Sur ce blog, nous discutons souvent du thème de la sélection des étudiants à l’université. Je ne compte plus le nombre de billets qui ont vu des discussions dériver vers ce thème, y compris quand ce n’était pas le sujet du billet. La plupart de mes aimables commentateurs sont favorables à la mise en place d’une sélection à l’entrée. Pour ma part je suis plutôt contre (voir mon billet titré « non à la sélection à l’université »).

Un de mes commentateurs (Dan le visseur caléidoscope) pense que si l’université ne sélectionne pas ses étudiants, contrairement aux autres filières de l’enseignement supérieur, cela constitue une des raisons du mépris que pourraient témoigner certains vis-à-vis de l’université. Le terme mépris est certainement un peu fort ici car je ne vois pas vraiment ce qu’il y a de méprisable ici. Dan pense manifestement qu’il y a un paradoxe entre le fait de refuser la sélection et de se plaindre du faible niveau des étudiants (« refus viscéral de la sélection, et l’incohérence qui consiste à pleurer sur le faible niveau des élèves et à refuser la sélection »). Je partage un peu son avis. Se plaindre ou s’indigner c’est parfois utile, encore faudrait-il aussi être source de proposition pour améliorer le système. Pour ma part il me semble que la moindre des choses serait de vérifier l’adéquation entre la formation proposée et les acquis des étudiants postulants, et mettre en place des formations adaptées au public. Ça éviterait d’en envoyer un grand nombre au casse-pipe. Car rappelons que le taux d’échec est hallucinant dans premiers cycles à l’université. Plus de 50 % des étudiants échouent en première année de licence, ce qui au final équivaut à être refusé pour faire l’année 2 (un mode de sélection par l’échec, très discutable).

Mettre en place une sélection à l’université, je me demande bien à quoi cela servirait. Les étudiants ne sont-ils pas déjà sélectionnés et ultra triés ? En sciences dures c’est clairement le cas : les meilleurs vont dans les prépas, ensuite ils vont dans les IUT – BTS et enfin, ceux qui sont rejetés de partout viennent à l’université (concept de l’université voiture balai). L’enseignement supérieur français est conçu comme une grande gare de triage avec des cursus dans des établissements distincts afin qu’on soit certain de ne pas mélanger le bon grain et l’ivraie.

Dans cette réflexion, un élément essentiel doit également être pris en compte : le chômage des jeunes. Or on sait qu’il est important et refuse de baisser. A choisir entre le chômage et l’université, je pense que cette dernière est plus profitable pour les jeunes.

Advertisements