Il y a quelques jours je postais un billet titré « pourquoi en France méprise-t-on autant l’université ? ». Il s’agissait d’un billet « relais » vers une page du blog d’Irnerius dans laquelle un commentateur exprimait quelques questions importantes relatives aux difficultés que rencontre l’université. Ce billet a provoqué quelques commentaires fort pertinents. En particulier Dan le visseur caléidoscope a donné 8 raisons qui, selon lui, pourraient expliquer ce mépris. Il m’a semblé intéressant de reprendre ces raisons une à une dans une série de billets, en commençant par la première citée par Dan le visseur (pour savoir ce qu’est un visseur, lire ici).

« Première raison : le manque d’exigence, en particulier en premier cycle, envers les étudiants. Une de mes filles avait des enseignants moins bons que les étudiants, et il était clair que les professeurs et maîtres de conférences n’avaient aucune envie d’enseigner en L1 L2. Les cours étaient faits par des amateurs. Et c’était dans une université prestigieuse. Il serait absurde de généraliser, mais… C’est tentant. »

Plutôt que de généraliser (ce qui est effectivement très absurde), on pourra préciser qu’il y a certainement des mauvais enseignants dans les universités et certainement aussi dans les écoles. C’est malheureux mais c’est comme ça, on n’y peut rien, les enseignants sont fonctionnaires et ils ont le mérite d’avoir gagné un jour un concours. Contrairement à ce que dit Dan, les enseignants dans les universités (ou les écoles) ne sont pas des amateurs, ce sont des professionnels. Ils sont maîtres de conférences, professeurs ou PRAG et leur mission est d’enseigner. Parfois il peut s’agir de vacataires. Ceux là, s’ils sont mauvais, ne restent en général pas longtemps étant donné qu’on peut mettre fin à leur contrat très rapidement.

Précisons également que les enseignants dans les universités (et dans les écoles) n’ont pas suivi de formation à l’enseignement (sauf ceux qui sont passés par une agrégation). Ce qui est très curieux à l’université (et certainement dans les écoles), c’est qu’un poste est mis au concours bien souvent pour des besoins d’enseignement, encore que ceci a tendance à évoluer un peu. Et le recrutement est fait selon des besoins de recherche dans les labos. Bref on recrute un chercheur, pas un enseignant. Lors du concours, le candidat fait acte de son expérience d’enseignant (bilan quantitatif), mais jamais on ne se pose la question : cet enseignement, l’a-t-il bien fait ?

A l’université, il n’y a pas d’évaluation de la qualité de l’enseignement. Qu’on y enseigne bien ou mal, c’est pareil. Ca n’a également aucune influence sur la carrière des personnes étant donné que celle-ci est évaluée uniquement sur des critères de recherche. Parfois compte également l’implication dans les tâches dites « administratives ».

En 2007, V. Pécresse a proposé un « plan licence ». Bientôt 4 ans après, on peut constater que c’est un échec. On pourra lire sur ce sujet les communiqués de l’UNEF (exemple ici pour la version courte, ici pour la version longue). On pourra reprocher au ministère un manque de moyens mais l’université n’est guère exempte de reproches sur ce dossier.

Mais revenons au cœur de la première raison de mépris énoncée par Dan : le manque d’exigence envers les étudiants. Ce n’est pas très clair pour moi de bien comprendre ce qu’on peut entendre ici, mais cela correspond certainement à un certain niveau de travail, ou une certaine quantité de travail. Or il est bien connu que les étudiants ne travaillent pas énormément à l’université. Dans un contexte tendu et compétitif, cela ne peut guère favoriser son image. Selon le dernier bilan statistique de l’Observatoire de la Vie Etudiante, les étudiants à l’université ne travaillent que 32 heures par semaine en moyenne, soit une durée bien inférieure à celles des autres formations (voir graphe ci-dessous, source ici).

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