Votre correspondant a le plaisir de vous rapporter, d’après ce qu’il est dit dans l’édition de ce matin, mercredi, du Quotidien de T1852, qu’un important changement de gouvernance institutionnelle va se produire à H1636, la plus vieille institution universitaire du pays. Ce changement est présenté comme étant le premier depuis… 1650 (pour mémoire, le Cardinal Mazarin et Anne d’Autriche co-régentaient la France à cette époque, et la dynastie Qing venait à peine de se saisir du trône impérial chinois, et Descartes tentait d’enseigner la raison à Christine de Suède…)

Quel évènement a donc poussé à un changement « révolutionnaire » dans un système d’apparence si immuable? La crise financière de 2008.

Nous avons évoqué ailleurs la question du financement des universités. En réalité, pour les « vieilles » institutions (dans ce pays neuf elles ont, pour une grande partie, un peu plus d’un siècle d’existence) le financement provient en réalité d’un trésor accumulé depuis des décennies, qui est appelé endowment (je traduirais cela un peu comme « dotation », voire « attribut »). Ce trésor est surveillé et accru, en principe avec précaution, par un groupe de gérants sous la supervision d’un collège d’administrateurs qu’on peut appeler soit trustees soit overseers. La gestion se fait, bien entendu dans un pays parangon du capitalisme, par les placements financiers (on est loin des investissements dans les bordeaux pratiqués par les colleges d’Oxbridge!). La crise de 2008 a sévèrement éreinté les trésoreries de nombreuses universités (Le président de T1852 nous avait prévenu par mail avoir perdu… 20 millions de bucks!) À H1636, la facture a été encore plus salée, en dépit de posséder l’une des business schools les plus cotées du pays. C’est dans le but d’assurer une meilleure gestion financière que H1636 se décide donc à introduire des modifications de sa structure gouvernante.

H1636 dispose en fait d’un système qualifié d’unique, « bicaméral »: la « Corporation », composée de sept personnalités, gère les finances; les « Overseers » gère les questions académiques. C’est la Corporation qui va être modifiée, le nombre de ses membres est porté à 13 avec des règles strictes uimposant un nombre limité de mandats pour chaque membre. Les membres se répartiront eux mêmes en trois comités étudiant respectivement les finances, la planification de l’utilisation du capital et la gouvernance.

D’aucuns font remarquer que H1636 était l’une des dernières institutions à ne pas avoir modernisé cette structure. D’après une étude au niveau national, les universités possèdent de tels comités qui comportent en moyenne 29 gestionnaires, plus de la moitié ont déjà imposé une limite au nombre de mandats exercés par chacun et répartissent les tâches en sept ou huit comités en moyenne. T1852 prévoit d’avoir entre 28 et 41 gestionnaires et possède sept comités spécialisés.

La révolution a été lancée par une charge furieuse dans le Boston Globe publiée par un ancien doyen de H1636, par ailleurs Professeur d’ingéniérie informatique, dénonçant vigoureusement l’opacité des transactions de la Corporation. « H1636 a réussi à perdre treize milliard [NDLR: CE CHIFFRE EST AUTHENTIQUE!] en une année, ce qui soulève la question de savoir si les fiduciaires légitimes de l’université faisaient bien leur travail »

Je vous tiendrai donc au courant des suites de cette affaire!

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