Hier j’ai corrigé des copies d’examen et c’était très déprimant, c’est peu dire. Les copies étaient truffées de fautes d’orthographe, de fautes de grammaires ou de phrases qui ne veulent rien dire. Les éléments simples des mathématiques ne sont pas maîtrisés, pas plus que l’utilisation de la calculatrice. Quant au raisonnement scientifique, n’en parlons pas, il est quasi inexistant. Pourtant le sujet était facile, fortement centré sur les notions élémentaires qui avaient été vues et revues en cours et en TD. Mais manifestement ça n’est pas passé …

J’ai souvent entendu mes collègues dire que « le niveau baisse, les étudiants sont nuls … ». J’ai souvent été suspicieuse au regard de ce discours mais j’avoue que là je ne sais plus … manifestement le socle de connaissances qui est labellisé par le bac ne suffit plus pour suivre les programmes des formations à l’université. Vous allez me dire que ça fait longtemps que ça dure et vous aurez certainement raison mais force est de constater que la situation perdure et qu’aucune réforme de grande ampleur n’est venue pour contrer le phénomène. Peut-on continuer à se contenter de constater les dégâts en se lamentant ?

Il est très clair qu’on a oublié d’articuler les « 80 % d’une classe d’âge au bac » avec l’université qui, on le rappelle, a l’obligation d’accueil de tous bacheliers qui le souhaitent (sans condition particulière). Il est important de souligner que ce problème ne concerne que l’université, la « voiture balai » de l’enseignement supérieur, pas les classes prépa, IUT ou BTS qui ont le droit de sélectionner leurs étudiants.

Comment faire alors ?

Parmi les solutions possibles, citons celle proposée par Louis Vogel, nouveau président de la CPU, dans son dernier livre « l’université, une chance pour la France ».  En résumé cela revient à diversifier les parcours en fonction du public « les étudiants d’aujourd’hui viennent de milieux culturels et sociaux très divers et présentent d’énormes différences. Pour diminuer l’échec en cours d’étude, tenons compte de ces différences ». Et de mettre en place des cours spéciaux pour combler les lacunes. Les Refondateurs, quant à eux, proposent une réforme beaucoup plus ambitieuse : il s’agirait de créer « un grand service public propédeutique réunissant (ce qui ne veut pas dire en normalisant dans un dispositif uniforme) IUT, BTS, classes prépa et premiers cycles universitaires ».