Depuis quelques jours on connaît le détail du budget 2011 pour les universités (lire ici, document MESR). Ce budget fait manifestement débat : selon certains, c’est un budget en hausse, une augmentation inédite. Selon d’autres, c’est un budget en trompe l’œil, bref maquillé, une vraie arnaque. Tout dépend bien entendu de quel coté on se place politiquement, ce qui me plonge dans une profonde perplexité quant à l’honnêteté intellectuelle des uns et des autres.  Je ne juge pas, je ne comprends rien à la politique …

Soyons pragmatique pour une fois : on constate que l’Etat n’a pas fait de coupes sombres dans le budget de l’ESR, contrairement à d’autres pays, comme par exemple l’Angleterre en conséquence des difficultés liées à la crise financière. Car le financement des universités devient un sujet fort discuté ces derniers temps chez nos amis au-delà de notre frontière. Sur ce blog nous avons déjà signalé et discuté des cas québécois ou anglais dans des billets dédiés à la question (ici et ici). Pour résumer, des gouvernements déclarent ne plus pouvoir payer et décident de réduction forte de crédits dédiés à l’enseignement supérieur et en conséquence de faire payer les étudiants. En Angleterre, cela se traduit par un triplement des frais d’inscription. Aux État-Unis, la situation pourrait devenir difficile aussi depuis que les démocrates ont perdu la majorité à la Chambre des représentants.

Sur ce sujet si important du financement de l’ESR, Je signale à mes aimables lecteurs un billet très intéressant de Jean-françois Méla sur son blog, intitulé « Université, qui doit payer ? ». Il s’agit d’une analyse assez détaillée, partant des évènements récents en Angleterre mais qui rapidement se recentre sur le cas français. Les quelques pauvres commentaires que je vais faire ici ne doivent pas empêcher de lire le billet de Monsieur Méla et je vous propose de cliquer ici dès maintenant plutôt que de lire la suite de mon billet.

Mais si vous êtes encore là, alors sachez que selon JF Méla, la situation en France peut se distinguer des pays voisins pour plusieurs raisons (1) « la question des droits d’inscription reste un tabou officiel » (2) l’enseignement supérieur français est déjà sous-financé par rapport aux autres pays développés, ainsi il parait difficile de réduire encore la dépense (3) le gouvernement actuel médiatise beaucoup le fait qu’il injecte, au contraire des autres pays, beaucoup d’argent dans la recherche et l’enseignement supérieur (voir dossier du grand emprunt). Toutefois cette politique est souvent considéré comme un « exercice d’illusionniste » (dixit JF Méla) et contesté par beaucoup (voir exemples ici pour les chroniques récurrentes de Bertrand Monthubert « hou Pécresse la menteuse »,  ici et ici pour le think thank Terra Nova, ici pour Henri Audier, SLR).

Je ne vais pas raconter tout le billet de JF Méla, selon lui le thème est actuellement un tabou mais « la question des droits de scolarité finira par se poser en France comme ailleurs. Plus largement, si l’on entend augmenter le financement de l’enseignement supérieur, ou simplement mettre à niveau les filières universitaires, la question est : qui doit payer ? ». L’auteur y explore les possibilités : impôt direct, impôt différé, contribution des bénéficiaires, financements privés, … et analyse les avantages et inconvénients de chaque option. Il ne semble pas souhaiter conclure en préconisant une solution donnée (bien qu’on devine assez clairement son opinion) mais il donne quelques idées pour poursuivre le débat, parmi lesquelles certaines sont fortement polémiques. Dommage que l’on ne puisse pas poster de commentaires sur son blog !

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