Quand on fait de la recherche, on doit publier ses résultats dans des revues plus ou moins spécialisées. Une publication n’est pas toujours une partie de plaisir, c’est long à écrire, elle se doit d’obéir à un certain nombre de codes. Le choix de la revue est bien entendu une étape importante, parfois ce choix est fait avant même d’écrire la première ligne. Avec l’émergence des indicateurs bibliométriques, il devient important d’avoir une stratégie de publication, comme par exemple de tenir compte du facteur d’impact du journal en question. En règle générale plus le facteur d’impact est élevé, plus ça sera difficile de faire publier son article. Mais d’un autre coté plus le facteur d’impact est élevé, plus le taux de citations aura un potentiel d’être élevé, et ça c’est bon pour votre h-index. Bref on comprendra qu’il existe une fenêtre optimum qu’il n’est pas toujours facile à déterminer.

Un autre paramètre important est la longueur du papier. En terme de stratégie, est-il préférable de scinder une étude en petits morceaux ou bien de faire un article long, plus complet ? Cette question torture souvent les chercheurs. Avant l’émergence des indicateurs bibliométriques (disons l’année 2005), c’était clair qu’il était préférable de saucissonner car seul le nombre d’article comptait dans un dossier. Mais aujourd’hui, ce nombre n’est qu’un indicateur parmi d’autres (h-index, facteur d’impact des revues, …). Ainsi il peut s’avérer intéressant de faire un article plus long, qui pourrait ainsi être cité par la suite. C’est ce genre de questions que s’est posé un astrophysicien de l’université de l’Ohio. « Naively, one would expect longer papers to have larger impact (i.e., to be cited more) – how long a paper should be to maximize its impact? Is it better to write several shorter papers or one longer paper? ». Pour tenter d’aider à la réponse de ces questions, il a étudié l’impact des articles (nombre de citations) en fonction de leur nombre de pages, ceci pour un panel de 30 000 articles dans des revues d’astrophysique publiés entre des années 2000 et 2004 (l’étude est réalisée en 2008). Son étude montre en effet qu’en moyenne les papiers longs sont plus cités que les papiers courts (voir courbe ci-dessous). Dans sa conclusion, l’auteur de l’étude discute, dans un style humoristique, les stratégies à adopter. Pour résumer, un jeune chercheur aura plus d’intérêt à écrire des papiers courts et saucissonnés (bref faire du chiffre, comme on dit entre nous !) alors qu’un chercheur senior trouvera son intérêt dans l’écriture d’articles plus longs. On pourra lire plus de détails sur l’étude en lisant directement l’article, disponible ici. L’auteur précise à la fin de son article : « This paper will not be submitted to any journal, but please feel free to cite it as often as possible, or better yet cite my regular astronomical papers ».

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