Ces derniers temps, plusieurs voix se sont élevées contre le grand emprunt, à l’image d’un intersyndical de l’enseignement supérieur et de la recherche qui appelle « à la résistance aux investissement d’avenir » (lire ici par exemple). Le lecteur attentif de ce blogue aura aussi remarqué que je suis fort dubitative quant à la forme que prend ce financement. Ceci dit, je ne conteste absolument pas le fond, je reste persuadée qu’un investissement d’avenir dans la recherche et l’enseignement supérieur est une bonne idée.

Monsieur René Ricol, qui est le commissaire général à l’investissement et donc le grand chef  d’orchestre du grand emprunt, s’est certainement senti obligé d’intervenir. Il répond aux contestataires universitaires pour défendre la méthode d’investissement choisie (lire l’entretien dans Les Echos, ici) – Extrait : « Je constate que l’obsession du gouvernement et de Valérie Pécresse est justement qu’il n’y ait pas d’université à deux vitesses. Il y aura certes des gagnants mais aucun perdant. Tous les exemples internationaux montrent qu’un projet d’excellence dans une université est une vraie locomotive pour les autres. La multitude de dossiers reçus témoigne d’ailleurs du grand intérêt suscité autour des investissements d’avenir. Le grand emprunt a créé une émulation sans précédent. Désormais, les grandes écoles, les universités et les entreprises ne cessent de discuter entre elles ».

Les propos de Monsieur Ricol sont rassurants: il n’y aura pas d’universités à deux vitesses. En fait il y en aura de deux types : les Idex et les PUP (pôles universitaires de proximité). Les uns, ceux qui sont excellents, seront financés par le grand emprunt et pourront développer leurs projets de recherche. Les autres, les gros nuls, ne seront pas soutenus – peut-être qu’ils pourraient se consacrer davantage à l’enseignement ? Mais tout ça, finalement, c’est déjà en place depuis longtemps, avec des pôles de recherche qui bénéficient de l’implantation d’organismes de recherche (bref là où on mettait déjà beaucoup d’argent) et de l’autre les universités faiblement soutenues et qui font leur recherche « à mi-temps ». Pourquoi cherche-t-on a faire croire que rien n’est joué d’avance ?

Pour l’« émulation sans précédent », je reste un peu sans voix. C’est vrai que dans mon labo, il y a eu beaucoup d’émulation dans la construction du Labex, je dirais même une excellente émulation et parlons moderne, une émulation d’excellence, bref une belle émulex. En écrivant ses lignes, je me rends compte que j’ai écrit 4 fois le mot « émulation » en deux phrases, ça ne se fait pas. Je regarde donc ce que me propose mon vieux word (version 2003) comme synonyme. Docile, il me propose la liste suivante: concurrence, compétition, antagonisme, rivalité, conflit, concours, challenge et dispute. Ah ça oui, je le confirme, une émulation sans précédent ! Une émulex vous disais-je !

Avec le grand emprunt, on ricol bien …

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