C’est maintenant de notoriété publique que les grandes écoles sont en grande difficulté, pour plusieurs raisons (1) Elles sont morcelées en une multitude de petites structures, ce qui les rend invisibles dans les divers classements internationaux. Leur attractivité reste donc confinée au territoire national, ce qui est fortement handicapant dans la course à "l’excellence" internationale. (2) Elles font peu de recherche, là encore ce n’est pas un bon point car les critères des classements internationaux (ou "d’excellence" académique en général) donnent un poids important au volet de la recherche (3) Elles ne correspondent pas aux standards internationaux. Ailleurs qu’en France, les sciences de l’ingénieur sont enseignées à l’université et les diplômes correspondants sont le master et le doctorat, ce dernier étant très bien reconnu et très valorisant.

Ces écoles sont parfaitement conscientes de leurs faiblesses (mais aussi de leurs forces car elles savent swotter). C’est pourquoi on assiste à des rapprochements divers, de type alliances, réseaux, associations, fédérations … La ministre V. Pécresse avait d’ailleurs fortement insisté pour que les écoles se rapprochent des universités…deux mondes qui se regardent en chiens de faïence …

Dans le dernier billet consacré au livre les refondateurs (ici), nous avions laissé le lecteur sur cette phrase surprenante au sujet d’éventuelles réformes de notre enseignement supérieur: « l’objectif prioritaire est bien de sauver les grandes écoles, aujourd’hui fragilisées par la concurrence internationale, soit en les arrimant aux universités par l’intermédiaire des PRES, soit en les transformant en universités d’un nouveau style ».

A quoi pourrait bien correspondre des universités d’un "nouveau style" ? Des universités qui seraient le fruit de la fusion de grandes écoles ? Pour ma part je doute fort que cela serve à quelque chose, mis à part que les grandes écoles auraient alors toute latitude de mettre en place des écoles doctorales ce qui faciliterait l’encouragement les élèves ingénieurs à poursuivre par un doctorat autrement qu’en se compromettant avec des universitaires du vieux style.

Dans la folie furieuse des regroupements, le PRES ParisTech nous indique peut-être ce que pourraient être ces universités d’un nouveau style. ParisTech, regroupement d’une douzaine de grandes écoles, est devenu récemment un établissement public à part entière (un EPCS, établissement public de coopération scientifique). Mais quant à adopter le mot « université », les mentalités ne sont certainement pas encore prêtes tellement l’image de cette institution est dégradée en France. Mais ce n’est pas le cas ailleurs dans le monde, alors pourquoi pas pour un établissement qui vise à promouvoir le French engineer partout dans le monde ?

L’autre structure naissante est le plateau de Saclay, fruit d’un projet phare de N. Sarkozy. Là aussi les grandes écoles sont très nombreuses (et parmi les plus renommées) et l’université Paris-Sud ne fait guère le poids. Ce projet pharaonique, d’environ 3 milliards d’euros pris sur le grand emprunt, verra certainement la naissance d’un pôle (universitaire ?) à ambition mondiale. L’identité de ce pôle sera très certainement ce que les grandes écoles voudront en faire …

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