La semaine dernière, mardi 26 octobre, à l’assemblée nationale, Valérie Pécresse répondait aux questions relatives au projet de loi de finances de 2011 pour la recherche et enseignement supérieur. On pourra lire le compte rendu de la séance ici. A ce sujet, on pourra lire aussi le billet de Pierre Dubois (ici), le présent billet en étant d’ailleurs directement inspiré sans pour autant apporter beaucoup de valeur ajoutée. Toutefois, le thème est fort central dans la Gaïa Universitas, je tiens à relayer les propos tenu par la ministre sur mon blog. Donnons lui tout de suite la parole :

« en même temps que nous cherchons à faire émerger des pôles universitaires à visibilité mondiale, nous souhaitons consolider les pôles universitaires de proximité (PUP). Nous travaillons ainsi à la mise en place d’un premier cycle universitaire fondamental qui réunirait les classes préparatoires, les classes de BTS, les IUT, les licences, jusqu’à la licence professionnelle, et aurait vocation à dynamiser l’enseignement supérieur dans les villes moyennes. C’est toute la logique de l’expérimentation en cours avec les BTS, du plan de sauvegarde et de développement des IUT, du plan de développement des licences professionnelles, de la création de classes préparatoires dans des villes qui jusqu’à présent n’en avaient pas. Nous avons besoin de ces pôles de proximité, qui seront des pôles de professionnalisation et devront travailler en réseau avec les grands centres universitaires régionaux, dont ils seront une émanation. Nous travaillons à l’élaboration des schémas universitaires régionaux avec les conseils régionaux, les préfets et les recteurs. Nous espérons pouvoir vous en rendre compte d’ici à la fin de l’année ».

« Quand j’évoque les pôles universitaires de proximité, je n’entends pas les universités de moins de dix mille étudiants, mais les IUT, les BTS et les centres universitaires des villes moyennes qui résultent du démembrement de certaines universités – comme à Châlons-sur-Marne. Je pense qu’il faut regrouper toutes ces formations de niveau bac + 2, voire les intégrer dans des cursus de niveau bac + 3, du type de la licence professionnelle. […]. Qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : toute université a vocation à faire de la recherche et à décerner des diplômes de master 2, voire des doctorats, de préférence dans le cadre des PRES afin de proposer une formation pluridisciplinaire à la recherche ».

Valérie Pécresse nous annonce donc une vraie révolution à venir, c’est-à-dire la fin de la fragmentation de notre enseignement supérieur dans une nouvelle structuration qui rassemblerait les prépa, les BTS, les IUT et les licences universitaires. Bien entendu Irnerius y voit déjà une opportunité de réalisation de son projet d’Instituts d’Enseignement Supérieur (IES), instituts qui seraient déconnectés de l’université qui perdrait alors son premier cycle. Pour ma part je pense qu’il fait fausse interprétation, et d’ailleurs il note lui-même que les Pôles Universitaires de Proximité (PUP) émaneraient des universités. Pour ma part je pense que ces PUP ressemblent davantage aux collèges universitaires proposés dans le rapport Aghion qui « regrouperaient les formations générales, les professionnalisantes (IUT, BTS) et celles préparant aux grandes écoles, avec des passerelles entre les trois filières » (lire ici).

La grande révolution copernicienne de l’enseignement supérieur est-elle enclenchée ?  Pour que ça ne soit pas qu’une simple fiction … du panache Valérie !

A lire également, notre billet « universités de recherche ou de proximité ? »

Publicités