Dans le billet précédent, nous avons discuté du « tabou des grandes écoles » dans le paysage fragmenté de notre enseignement supérieur, au travers la lecture du chapitre 4 du livre des Refondateurs. Nos Refondateurs ne se contentent pas de faire un constat mais nous livrent des pistes pour l’avenir. Quelles sont leurs pistes ? « Un rapprochement ou poursuite de la ségrégation scolaire ? ».

Tout d’abord, les Refondateurs prône un rapprochement entre écoles et Université. Cette idée n’est pas nouvelle, elle a été défendue par V. Pécresse à l’arrivée à son ministère au printemps 2007, idée certes abandonnée aujourd’hui à la suite du lamentable mouvement noniste de la saison hiver/printemps 2009. Cette idée est également défendue par nombre de personnalités et a fait l’objet de nombreux textes. On pourra relire par exemple le rapport Philip (2008).

Selon les Refondateurs, ce rapprochement pourrait se faire dans le cadre des PRES. Notons qu’ils sont très favorables au PRES dont ils font un éloge enthousiaste. Il s’agirait autant d’un rapprochement institutionnel (PRES) que pédagogique, et cela dans les deux sens. En gros cela correspond à des prépas intégrées dans les universités. « Ce type de dispositif a le triple avantage de rapporcher effectivement universités et grandes écoles en revalorisant l’image des premières auprès des secondes, de permettre un élargissement du recrutement des écoles, notamment en termes d’origine sociale, de produire des diplômés des grandes écoles qui auront fréquenté l’université, se seront un peu « frottés » à la recherche et auront bénéficié de pratiques pédagogiques moins exclusivement tournées vers le bachotage que celles des classes prépa ».

Est-ce que cette piste correspond vraiment à une intégration directe des prépas dans les universités ? Là le message des refondateurs est plus réservé : « il faut toutefois souligner la limite d’une telle stratégie, si on la généralise : pour revaloriser l’université on invite en effet les universitaires à organiser une fuite vers le secteurs non universitaire des meilleurs de leur élèves ! De plus ils privent ceux-ci de ce que les universités savent le mieux faire : la formation par la recherche, qui ne peut commencer vraiment qu’au niveau du master ».

Bref ce n’est pas si simple … pour ma part je doute fort que les prépa actuelles réclament une intégration dans les universités. Si en plus les universitaires ne sont pas vraiment chauds non plus, alors je ne vois pas comment une telle opération pourrait se réaliser.

Alors, quelle solution adopter ? Peut-être faut-il alors intégrer les grandes écoles dans les universités ? Mais là aussi les Refondateurs sont réservés : « Toucher à la pointe du système (les grandes écoles), c’est bouleverser le système de la reproduction des élites, sans disposer pour l’instant d’une solution alternative, mais ne pas y toucher, c’est faire perdurer le système de relégation de l’université ».

Bon, franchement je suis perdue, c’est un peu la quadrature du cercle … Refondateurs que faut-il faire ??

Heureusement, les Refondateurs ne sont pas en manque d’idées, malgré leurs hésitations. Voici leur conclusion : « l’objectif prioritaire en est bien de sauver les grandes écoles, aujourd’hui fragilisées par la concurrence internationale, soit en les arrimant aux universités par l’intermédiaire des PRES, soit en les transformant en universités d’un nouveau style ».

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