Rapport provenant de la Ligne de Front: les blocages d’établissements ont recommencé.

EducPros a consacré un article dans son édition d’aujourd’hui (21 octobre) à la contestation en cours en milieu éducatif. Nous allons laisser de côté les lycées dont on sait qu’ils sont nombreux à être touchés (mais intéressez vous tout de même au reportage qu’à consacré Le Monde dans son édition datée de mardi au parcours du combattant livré par un proviseur d’un lycée du 4ème arrondissement de Paris, cela touche un peu au coeur de ce billet).

Syndicats et Ministère livrent à nouveau des versions contrastées de la situation. Selon le Ministère, il y aurait sur les 83 universités 4 de fermées (Rennes 2, Lyon 2, Toulouse 3, Montpellier 3) et 4 de « partiellement bloquées » (Pau, définitivement bloquée, et Caen, Poitiers et Orléans avec différences selon les UFR). L’UNEF répertorie elle treize universités bloquées (après « vote » dans les « assemblées générales »): La Rochelle, Saint-Étienne, Amiens, Lille 3, Paris 4, Perpignan, Limoges (Lettres), Paris 1-Tolbiac, Poitiers, Nantes, Pau, Le Havre, Clermont-Ferrand 2. Le Snesup, pour sa part, compte 10 bloquées:  Paris 10, Toulouse 2, Lyon 2, Montpellier 3, Rennes 2, Strasbourg (Philosophie), Orléans, Pau, Paris 8, Poitiers. Les étudiants ne revendiquent donc pas le blocage d’universités officiellement fermées, mais les enseignants-chercheurs le font pour trois des dix qu’ils accrochent à leur tableau de chasse.

Intéressons nous au cas des universités fermées. Elles ne sont certes pas « bloquées », même si la décision de Montpellier 3 a été prise après que l’administration ait appelé la police pour faire évacuer un amphithéatre envahi, et si, à Rennes 2, le Président Gontard (qui est décidément souvent un sujet de ce blog) a motivé sa décision sur l’insécurité manifeste dans l’établissement. La fermeture est donc présentée comme une action préventive. À la différence d’un blocage, cela doit surtout permettre d’éviter un éventuel saccage des locaux et dégradation ou vol du matériel comme cela a été le cas lors des mouvements de contestation passées. Une chose aussi qu’il faut reconnaître: comme dans les universités bloquées, le service est interrompu. Le résultat est le même. On est Fermé Pour Ne Pas Être Bloqué (question d’image) mais les contestataires ont tout de même eu ce qu’ils voulaient, forcer le « service public » à arrêter sa mission. On voit encore dans ce cas l’impuissance manifeste des autorités universitaires à empêcher un blocage, auquel ils n’échappent que par fermeture préventive. On va entendre à nouveau, dans le cas des établissements concernés, les excuses au moyens de cours à distance, au café, qu’il y aura des rattrapages, qu’on en tiendra compte aux examens… Les universités françaises cèdent en fait à leurs démons traditionnels. Il est certes encore tôt mais malheureusement rien n’indique que ce mouvement s’interrompra dans les semaines qui viennent. Quand aux agitateurs, ils trouveront le moyen de le ranimer au printemps s’il y a un éventuel ralentissement hivernal. Que fera-t-on alors, on fermera à nouveau à titre préventif, parce qu’on sait qu’on ne gèrera pas plus cette fois que les autres les complicités dont disposent les « étudiants » bloqueurs pour parvenir à leurs fins?

Cet astronaute a déjà dit que bloquer les universités n’est pas acceptable, mais il est contraint de constater que les [faire] fermer n’est pas différent.

Publicités